Le harcèlement scolaire est un fléau persistant en Argentine, et la province de Río Negro ne fait pas exception. Face à cette réalité alarmante, un projet de loi visant à renforcer la protection des victimes et à responsabiliser les parents est actuellement à l’étude au Parlement provincial.
Selon des données récentes, plus de 60 % des élèves de Río Negro ont subi une forme d’agression, et 32 % se sentent victimes de discrimination à l’école. Ce projet de loi, porté par le député libertaire César Dominguez, propose une réponse plus ferme et structurée à ce problème.
L’une des mesures phares de ce texte est l’instauration de sanctions financières à l’encontre des parents ou tuteurs dont l’enfant est impliqué dans des actes de harcèlement, de discrimination ou de violence physique ou psychologique. Si ces derniers ne prennent pas de mesures “raisonnables et efficaces” pour mettre fin à ce comportement, ils pourraient être condamnés à une amende équivalente à 30 JUS (unités de mesure judiciaire), soit actuellement près de 2 millions de pesos argentins (environ 1 500 euros).
En outre, les tuteurs sanctionnés seraient tenus de participer à des formations obligatoires sur les droits de l’enfant, la vie scolaire, la responsabilité parentale et la prévention de la violence, organisées par le ministère de l’Éducation ou le Conseil provincial de l’Éducation. Il est toutefois précisé que cette sanction ne s’appliquerait pas en cas de diligence raisonnable prouvée de la part du responsable légal, ou en cas de force majeure ou de raisons de santé justifiées.
Le projet de loi prévoit également l’obligation pour les établissements scolaires de signaler immédiatement tout cas de harcèlement et de procéder au transfert urgent de l’élève victime vers un autre établissement, afin de garantir sa sécurité physique et mentale. Ce signalement devra être effectué dans les 24 heures auprès des autorités compétentes (Conseil provincial de l’Éducation, Conseil de l’enfance, de l’adolescence et de la famille, ou autorité judiciaire en cas d’infraction pénale). Tout retard ou omission serait considéré comme une faute grave.
À ce stade, le projet de loi doit être examiné par les commissions parlementaires avant d’être soumis au vote de l’ensemble des députés. Son adoption pourrait marquer une étape importante dans la lutte contre le harcèlement scolaire en Río Negro.
