Publié le 2024-02-29 10:17:00. L’efficacité des défenses aériennes russes s’amenuise face à l’intensification des frappes ukrainiennes, qui adaptent leurs tactiques pour contrer les progrès de Moscou en matière d’interception de missiles occidentaux. Cette situation crée une vulnérabilité systémique pour la Russie, dont la production ne suit pas le rythme des pertes.
- Les forces ukrainiennes recourent à des salves de drones pour saturer les défenses aériennes russes avant d’utiliser des missiles de croisière ou des drones plus puissants.
- L’interception des missiles occidentaux, comme les ATACMS américains et les Storm Shadow britanniques, devient plus efficace pour la Russie, mais au prix d’une consommation rapide de ses propres ressources.
- La guerre électronique russe perturbe l’efficacité des missiles GMLRS, réduisant leur taux de réussite.
L’armée ukrainienne ajuste ses stratégies face à la capacité croissante de la Russie à intercepter les missiles occidentaux. Selon des responsables militaires ukrainiens, il faut désormais une douzaine de missiles américains ATACMS (Artillery Tactical Missile System) pour détruire un seul radar, alors que les missiles de croisière britanniques « Storm Shadow » ne sont interceptés qu’environ 50 % du temps. Cette évolution souligne la nécessité pour Kiev de trouver de nouvelles méthodes pour percer les défenses russes.
Une tactique clé consiste à lancer simultanément des centaines de drones. L’objectif est de submerger les systèmes de défense aérienne russes, les forçant à engager leurs ressources dans l’interception de ces engins moins coûteux, avant que des missiles de croisière ou des drones plus puissants ne soient déployés. Cette approche permet de neutraliser les défenses et d’augmenter les chances de succès des frappes ultérieures.
Cependant, les analystes soulignent que les ressources russes en matière de missiles anti-aériens sont limitées. Chaque interception, même celle d’un simple drone ou d’un missile ukrainien, contribue à affaiblir la capacité défensive de l’agresseur. Selon un rapport de RUSI (Royal United Services Institute), la Russie dépense actuellement plus d’intercepteurs qu’elle ne peut en produire, créant ainsi une vulnérabilité systémique.
La guerre électronique russe représente un autre défi majeur. Le taux de réussite des missiles GMLRS (Guided Multiple Launch Rocket System) a chuté de près de 70 % en 2022 à environ 30 % en 2023-2024, et pourrait atteindre seulement 8 % en 2025. Cette dégradation de l’efficacité est attribuée aux systèmes de brouillage et de contre-mesures électroniques déployés par la Russie.
L’épuisement progressif des systèmes de défense aérienne russes est également lié à une production insuffisante de missiles, de radars et de systèmes anti-aériens pour répondre aux besoins de la guerre. Des restrictions sur les importations d’électronique, cruciale pour le guidage des missiles anti-aériens et les unités de calcul, pourraient aggraver la situation et causer des dommages supplémentaires à la Russie.

