Publié le 8 janvier 2026. Malgré un contexte géopolitique complexe et les incertitudes liées aux politiques économiques, l’année 2025 a été marquée par une performance surprenante des actifs à risque et une croissance économique mondiale plus robuste que prévu. L’économiste Florent Wabont d’Ecofi analyse les facteurs de cette résilience et esquisse les perspectives pour 2026.
- La croissance de la zone euro a dépassé les attentes en 2025, mais révèle des disparités importantes entre les États membres.
- Un accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis offre une visibilité accrue aux entreprises, bien que sa mise en œuvre puisse connaître des difficultés initiales.
- Aux États-Unis, le ralentissement économique devrait se poursuivre à court terme, mais pourrait s’inverser grâce à la détente monétaire de la Fed et à la réduction des incertitudes commerciales.
L’année 2025 a été riche en événements marquants : tensions géopolitiques, revirement de certaines politiques économiques et une persistance de l’inflation, bien que ralentie. Pourtant, les marchés financiers ont affiché une vigueur inattendue, avec des gains supérieurs à 20 % pour certains indices majeurs. Cette performance contraste avec les prévisions initiales et témoigne d’une capacité de résilience de l’économie mondiale.
Selon Florent Wabont, économiste chez Ecofi, la croissance de la zone euro a été particulièrement encourageante en 2025. Cependant, il souligne l’existence de fortes disparités entre les pays. “La demande privée reste inégale, l’industrie manufacturière peine face aux services, et les pays du sud se sont démarqués de ceux du cœur de l’Europe”, explique-t-il. Malgré ces hétérogénéités, M. Wabont se montre optimiste pour 2026, anticipant une croissance supérieure à son potentiel estimé autour de 1 %.
L’accord commercial entre l’UE et les États-Unis constitue un élément favorable, offrant une plus grande prévisibilité aux entreprises. Toutefois, sa mise en œuvre pourrait engendrer des perturbations à court terme. Le plan d’investissement allemand, quant à lui, devrait contribuer à soutenir l’économie de la zone euro, mais son impact dépendra de l’ampleur du multiplicateur budgétaire.
Parallèlement, le taux de chômage dans la zone euro devrait continuer à baisser, restant inférieur au seuil d’équilibre à long terme. Dans ce contexte, la Banque centrale européenne (BCE) devrait maintenir sa politique monétaire actuelle au cours des six prochains mois. Une éventuelle hausse des taux d’intérêt pourrait être envisagée à partir de la seconde moitié de l’année, en fonction de l’évolution de la conjoncture économique.
Aux États-Unis, l’augmentation des droits de douane, passée de 2,4 % fin 2024 à environ 15 % fin 2025, a pesé sur l’activité économique. Le ralentissement observé devrait se prolonger à court terme, en raison de la baisse du pouvoir d’achat des ménages, de l’incertitude liée à la politique de Donald Trump et de la fragilité du marché du travail. Cependant, une amélioration est attendue à moyen terme, grâce à la réduction de l’incertitude commerciale, à l’atténuation de l’impact des droits de douane et à la politique monétaire accommodante de la Réserve fédérale (Fed).
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Par Florent Wabont, économiste chez Ecofi
