Publié le 25 décembre 2025 13h47. Cuba lance un nouveau marché des changes officiel, une mesure destinée à stabiliser l’économie en permettant aux entreprises privées et aux particuliers d’acheter et de vendre des devises de manière légale, dans un contexte de crise économique persistante.
- Le secteur privé pourra acquérir des devises jusqu’à hauteur de 50 % de ses revenus bruts trimestriels.
- Les particuliers pourront vendre leurs devises dans les banques et les bureaux de change (CADECA) à un taux jugé plus attractif par la Banque Centrale.
- L’objectif est de réduire la dépendance au marché informel et de renforcer le rôle des banques dans les transactions de devises.
La Banque Centrale de Cuba (BCC) a annoncé la mise en place d’un marché des changes officiel qui autorisera progressivement l’achat et la vente légale de devises par le secteur privé et la population. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Programme de Stabilisation Macroéconomique lancé par le gouvernement cubain, visant à « corriger les distorsions et relancer l’économie ».
Ian Pedro Carbonell, directeur des Politiques Macroéconomiques de la BCC, a précisé que les entreprises non étatiques pourront désormais acheter des devises pour un montant équivalent à 50 % de la moyenne de leurs revenus bruts du dernier trimestre. Il a ajouté :
« Les formes de gestion non étatiques qui n’avaient pas d’accès légal à l’achat de devises pourront accéder au marché par le biais de leurs banques commerciales, depuis leurs comptes bancaires. »
Ian Pedro Carbonell, directeur des Politiques Macroéconomiques de la Banque Centrale
Les travailleurs indépendants bénéficieront également d’un accès direct au marché des changes, sans avoir recours à des espèces. Les transactions se feront directement depuis leurs comptes fiscaux, selon les autorités.
Pour les particuliers, la vente de devises sera possible dans les banques et les bureaux de change (CADECA). La BCC assure que les taux proposés seront plus avantageux que ceux du marché noir, tout en offrant une sécurité accrue. Cependant, la limite d’achat reste fixée à 100 dollars (USD) par opération, selon le système de tours en vigueur.
Selon Cubadébat, cette mesure vise à canaliser les opérations actuellement réalisées sur le marché informel vers le système financier officiel.
M. Carbonell a souligné que l’objectif principal est d’organiser les flux de devises, de renforcer le rôle des banques comme intermédiaires et de créer un marché « officiel, transparent et légal », capable de réduire la volatilité et la spéculation qui affectent tant les ménages que les entreprises.
Bien que le gouvernement insiste sur son ambition d’aboutir à un taux de change unique, il reconnaît que la confiance des Cubains dans cette nouvelle initiative est fragile. Les autorités anticipent que le marché informel ne disparaîtra pas du jour au lendemain, mais elles espèrent que cette réforme contribuera à réguler les flux de devises, à stimuler les exportations et à créer un environnement plus propice aux investissements et au développement des affaires.
La valeur exacte du nouveau taux de change, qui aura un impact direct sur le pouvoir d’achat des Cubains, sera dévoilée dans les prochaines heures. Cette annonce intervient dans un contexte d’inflation élevée, de salaires bas et d’une profonde crise économique, comme le souligne CiberCuba.
