Publié le 24 novembre 2025 à 23h00. Deux poursuites judiciaires visant d’anciens opposants de Donald Trump ont été abandonnées, soulevant des questions sur l’influence politique au sein du système judiciaire américain.
- Les poursuites contre l’ancien directeur du FBI James Comey et la procureure Letitia James ont été classées sans suite.
- Un juge a estimé que la procureure Lindsay Halligan, nommée par Trump, n’avait pas été nommée légalement.
- L’administration Trump a annoncé son intention de faire appel de cette décision.
Les États-Unis ont vu deux affaires judiciaires impliquant des figures critiques envers l’ancien président Donald Trump être abruptement closes. Un juge a rejeté les accusations portées contre James Comey, l’ancien directeur du FBI, ainsi que contre Letitia James, une procureure qui avait mené des poursuites fructueuses contre Trump pour fraude. La raison invoquée : la procureure en charge de ces dossiers, Lindsay Halligan, n’avait pas été nommée conformément aux procédures légales.
Ces poursuites étaient largement perçues comme des tentatives de Trump de s’attaquer à ses adversaires politiques. Comey avait publiquement critiqué Trump pendant des années, tandis que James avait obtenu une condamnation contre l’ancien président en 2024 pour fraude financière (plus de 354 millions de dollars américains), l’accusant d’avoir trompé des banques et d’autres institutions financières.
L’abandon de ces affaires est lié à la nomination de Lindsay Halligan. Ancienne avocate personnelle de Trump, elle avait été proposée par l’ancien président après qu’un procureur précédent avait jugé insuffisantes les preuves pour engager des poursuites pénales contre Comey et James. Halligan, qui n’avait aucune expérience en matière pénale, avait rapidement été nommée, malgré l’absence d’approbation du Sénat, une procédure obligatoire pour de telles nominations.
Selon le juge, cette nomination était illégale. Cette décision constitue un revers pour l’administration Trump, qui avait ouvertement appelé à la poursuite de ses opposants.
Comey et James font partie d’une longue liste de personnes qui ont suscité l’hostilité de Trump. En octobre dernier, l’ancien président avait publiquement exhorté son procureur général à les poursuivre en justice, ainsi que d’autres figures qu’il considérait comme ses ennemis.
Cinq jours plus tard, l’ancien directeur du FBI était inculpé pour avoir prétendument fait de fausses déclarations en 2020 concernant son rôle dans l’enquête parlementaire sur les allégations d’ingérence russe dans l’élection présidentielle de 2016.
Moins de deux semaines plus tard, une accusation était portée contre Letitia James, la procureure qui avait remporté le procès en fraude contre Trump. Elle était accusée de falsification de documents, notamment en louant une maison qu’elle présentait comme sa résidence principale pour bénéficier d’un prêt hypothécaire avantageux, ce qui lui aurait permis d’économiser environ 19 000 dollars américains. James a dénoncé ces accusations comme un acte de vengeance.
Comey a réagi sur Instagram, exprimant sa gratitude pour la fin de l’affaire et dénonçant ce qu’il considère comme de la « malveillance et de l’incompétence » au sein du système judiciaire sous l’administration Trump.
« Malheureusement, c’est ce qu’est devenu le système judiciaire sous Trump. »
James Comey, ancien directeur du FBI
La Maison Blanche a réagi en affirmant que les faits reprochés à Comey et James n’avaient pas changé et que la décision de justice ne marquait pas la fin de la procédure.
