Publié le 24 octobre 2025 à 21h23. La tempête tropicale Melissa, qui s’intensifie rapidement dans les eaux chaudes de la mer des Caraïbes, menace de devenir un ouragan majeur et représente une menace sérieuse pour Haïti et la Jamaïque, avec des pluies diluviennes et des vents destructeurs attendus dès le début de la semaine prochaine.
- Melissa a atteint des vents de 96 km/h et continue de gagner en puissance.
- Des pluies catastrophiques sont prévues en Haïti et en Jamaïque, avec un risque de crues soudaines et de glissements de terrain.
- Les prévisions indiquent que Melissa pourrait atteindre la catégorie 4, voire 5, avec des vents dépassant les 250 km/h.
La tempête tropicale Melissa a connu une intensification progressive depuis sa formation mardi. Alors qu’elle évolue lentement au-dessus des eaux exceptionnellement chaudes de la mer des Caraïbes, des vents perturbateurs en altitude, qui freinaient jusqu’alors son développement, semblent s’affaiblir, permettant à la tempête de s’organiser et de gagner en force.
Selon le National Hurricane Center (NHC), Melissa pourrait devenir un ouragan d’ici samedi matin et s’intensifier rapidement en un ouragan majeur (catégorie 3 ou supérieure) au cours du week-end. Les prévisions actuelles estiment que la tempête atteindra son pic d’intensité dimanche soir et lundi, avec des vents pouvant atteindre 250 km/h (catégorie 4), et une possibilité non négligeable qu’elle atteigne la catégorie 5, avec des vents supérieurs à 253 km/h.
La lente progression de Melissa au-dessus des eaux chaudes des Caraïbes crée une situation particulièrement dangereuse : un double coup dur avec d’abord des pluies torrentielles, suivies de l’impact d’un ouragan majeur, exacerbant ainsi le risque d’inondations catastrophiques. Certaines régions de la Jamaïque et de la péninsule de Tiburon en Haïti pourraient recevoir entre 380 et 635 millimètres de pluie, avec des cumuls localisés pouvant atteindre 890 millimètres d’ici mardi. Des précipitations encore plus importantes sont possibles après cette date.
Les autorités exhortent les populations concernées à se préparer aux inondations, aux glissements de terrain, aux pannes de courant et à la houle dangereuse. En Haïti, l’Agence de protection civile a déjà fait état d’au moins trois décès liés aux intempéries, dont deux victimes d’un glissement de terrain. Les hôpitaux publics de Jamaïque sont en « mode d’urgence » depuis jeudi soir, suspendant les interventions non urgentes pour libérer des lits et se préparer à accueillir un afflux de patients. Les aéroports de l’île pourraient être fermés dans les 24 heures précédant l’émission d’une alerte à l’ouragan.
Après avoir affecté la Jamaïque, Melissa devrait se diriger vers Cuba, où elle pourrait provoquer des vents destructeurs et des pluies abondantes en milieu de semaine. Les Bahamas et les îles Turques et Caïques pourraient également être touchées plus tard dans la semaine. Bien qu’un impact direct sur la côte est des États-Unis semble peu probable pour l’instant, de fortes vagues et des courants de retour pourraient se développer la semaine prochaine.
Ce renforcement rapide des tempêtes, de plus en plus fréquent, est directement lié au réchauffement climatique causé par les émissions de gaz à effet de serre. Trois des quatre ouragans de l’Atlantique de cette saison – Erin, Gabrielle et Humberto – ont connu une intensification extrêmement rapide, soulignant la vulnérabilité croissante des populations face à ces phénomènes météorologiques extrêmes.

C’est ainsi qu’est née Melissa, la tempête tropicale qui menace les Caraïbes d’inondations et de glissements de terrain.

La combinaison de la lenteur de Melissa, du terrain montagneux des îles et de la chaleur exceptionnelle des eaux de la mer des Caraïbes crée un scénario particulièrement préoccupant, faisant de la Jamaïque le point névralgique de ce qui pourrait devenir l’un des ouragans les plus dévastateurs de la saison.
