Un rebondissement inattendu secoue le monde du basketball universitaire américain : James Nnaji, jeune joueur nigérian drafté par la NBA, a reçu l’autorisation de rejoindre l’équipe de Baylor, créant une onde de choc et soulevant des questions sur l’évolution des règles de recrutement.
L’annonce, faite par la NCAA la veille de Noël, est sans précédent. Nnaji, choisi au 31e rang de la draft NBA 2023 et ayant participé à la Summer League des Charlotte Hornets, est le premier joueur à inverser sa trajectoire et à revenir au basketball universitaire après avoir été sélectionné par une équipe professionnelle. Bien qu’il n’ait jamais disputé un match officiel en NBA, son passage dans la ligue et son implication dans un échange impliquant Karl-Anthony Towns et Julius Randle ont suscité la controverse.
La particularité de la situation de Nnaji réside dans le fait qu’il n’a jamais été rémunéré en dehors de sa participation à la Summer League et des indemnités de déplacement. Il a passé les cinq dernières années à jouer en EuroLeague, ce qui lui permettait de conserver son éligibilité universitaire. La NCAA a validé son dossier, estimant qu’il respectait les critères d’éligibilité, notamment la fenêtre de cinq ans suivant l’obtention de son diplôme d’études secondaires.
L’arrivée de Nnaji chez les Bears n’est pas un cas isolé. D’autres universités, comme BYU, Dayton et Washington, ont également intégré des joueurs issus de ligues professionnelles en cours de saison. Cependant, le profil de Nnaji, ancien choix de la NBA, a particulièrement irrité certains observateurs.
L’entraîneur de Baylor, Scott Drew, se défend de toute manœuvre illégale. Il affirme simplement qu’il a agi dans le respect des règles en vigueur, en cherchant à renforcer son effectif face à des blessures. « Nous ne créons pas les règles », a-t-il déclaré à CBS Sports. « Si la NCAA l’autorise et dit que c’est acceptable, vous devez l’examiner et voir si c’est bon pour votre situation. »
Cette situation met en lumière les failles et l’instabilité croissante du système de recrutement universitaire. Des entraîneurs comme Tom Izzo, de l’université d’État du Michigan, ont exprimé leur indignation, dénonçant un « scandale » et appelant à une réforme en profondeur. Drew a reconnu avoir eu une conversation constructive avec Izzo à ce sujet.
L’affaire Nnaji intervient dans un contexte de changements constants au sein de la NCAA, notamment avec l’essor du Name, Image, and Likeness (NIL) et du portail des transferts. Drew estime qu’une véritable solution ne pourra être trouvée qu’à travers une négociation collective.
Baylor espère que Nnaji pourra apporter une contribution significative à son équipe, qui affrontera TCU samedi prochain. L’entraîneur Drew se montre prudent quant à son intégration, soulignant qu’il faudra du temps pour qu’il s’adapte à la tactique et au jeu de l’équipe. « S’il était prêt pour la NBA, il y jouerait », a-t-il conclu.
