Publié le 2025-12-02 20:49:00. Une délégation américaine, menée par des proches de Donald Trump, s’est rendue au Kremlin pour des négociations sur l’Ukraine, mais les perspectives de paix semblent s’éloigner, selon un conseiller de Vladimir Poutine. Malgré des discussions prolongées, aucun compromis territorial n’a été trouvé, tandis que Moscou intensifie sa rhétorique envers l’Europe.
- Une rencontre au Kremlin entre des émissaires de Donald Trump et Vladimir Poutine n’a pas permis de rapprocher les parties sur la question de l’Ukraine.
- Le président Poutine a averti l’Europe d’une escalade rapide en cas d’intervention militaire directe contre la Russie.
- Les forces russes affirment avoir pris le contrôle de Pokrovsk, une ville stratégique dans l’est de l’Ukraine, bien que cette information reste à vérifier de manière indépendante.
Les efforts de l’ancien président américain Donald Trump pour mettre fin au conflit en Ukraine peinent à porter leurs fruits. Son envoyé spécial, Steve Witkoff, accompagné de son gendre, Jared Kushner, a rencontré Vladimir Poutine au Kremlin dans l’espoir de débloquer des négociations. Cependant, selon Iouri Ouchakov, conseiller du Kremlin, les discussions n’ont pas abouti à un terrain d’entente sur les questions territoriales.
Moscou et Washington se sont accordés pour ne pas divulguer le contenu précis des échanges, mais l’absence de progrès tangibles laisse présager une prolongation du conflit. Witkoff et Kushner doivent maintenant faire rapport à M. Trump de leurs conclusions.
Juste avant cette rencontre, Vladimir Poutine a adressé un avertissement sévère à l’Europe, menaçant d’une riposte rapide en cas d’engagement militaire contre la Russie. Il a également rejeté les contre-propositions européennes concernant l’Ukraine, les jugeant « absolument inacceptables ».
Parallèlement, une fuite de 28 projets de propositions de paix américaines a suscité l’inquiétude des responsables ukrainiens et européens. Ces propositions, qui semblent céder à certaines des principales exigences de Moscou, offriraient à la Russie le contrôle d’environ un cinquième du territoire ukrainien et imposeraient des restrictions à l’armée de Kiev.
Les puissances européennes ont présenté une contre-proposition, et les États-Unis et l’Ukraine ont affirmé avoir élaboré un « cadre de paix actualisé et affiné » lors de négociations à Genève la semaine dernière. Cependant, la rhétorique de M. Poutine s’est durcie, accusant l’Europe de vouloir bloquer tout processus de paix et d’imposer des exigences « inacceptables ».
Lors de la rencontre au Kremlin, M. Poutine a affiché un ton cordial envers M. Witkoff, s’enquérant de sa promenade avec M. Kushner à Moscou, qui incluait une visite de la Place Rouge et des tours du Kremlin.
« C’est une ville magnifique », a déclaré M. Witkoff à M. Poutine, en présence de Iouri Ouchakov, conseiller en politique étrangère, et de Kirill Dmitriev, envoyé pour les investissements de Poutine.
Steve Witkoff
Les négociations ont duré plus de quatre heures, se terminant après minuit heure locale.
De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé à une « paix digne », réaffirmant que la Russie ne devrait pas être récompensée pour son agression.
M. Poutine a également menacé de couper l’accès de l’Ukraine à la mer Noire en réponse aux attaques de drones contre des pétroliers russes dans cette zone.
La Russie s’empare d’une ville clé en Ukraine, selon Poutine
Plus tôt dans la journée, M. Poutine a annoncé que les troupes russes avaient pris le contrôle de Pokrovsk, une ville stratégique dans l’est de l’Ukraine. Cette prise, si elle est confirmée, constituerait une victoire opérationnelle importante après 18 mois de combats.
Bien que ces affirmations n’aient pas été vérifiées de manière indépendante, les forces de Moscou ont gagné du terrain dans cette ville, qui était autrefois un important centre logistique pour l’armée ukrainienne.
Dans une vidéo diffusée par le Kremlin, M. Poutine a salué cette avancée :
« Je tiens à vous remercier. C’est une direction importante. Nous comprenons tous à quel point elle est importante. Cela garantira des solutions aux tâches que nous avons initialement fixées au début de l’opération militaire spéciale. »
Vladimir Poutine
Les sources militaires ukrainiennes affirment toutefois que leurs troupes contrôlent encore les parties nord de la ville.
Pokrovsk comptait environ 60 000 habitants avant la guerre, mais la plupart ont fui depuis longtemps. La ville est désormais en grande partie dévastée, avec de nombreux bâtiments endommagés ou détruits.
La prise de contrôle de Pokrovsk, si elle est confirmée, permettrait aux forces russes de poursuivre leur offensive pour s’emparer des 10 % restants du territoire du Donbass contrôlé par l’Ukraine, et de progresser vers Kramatorsk et Sloviansk.
Selon une estimation du ministère britannique des Affaires étrangères publiée en novembre, les troupes russes auraient subi environ 100 000 victimes à Pokrovsk et dans ses environs au cours des 12 derniers mois.
