Publié le 24 octobre 2025 à 06h01. La nouvelle comédie tchèque « Neco za neco » (Quelque chose pour quelque chose), attendue en salles le 16 octobre, déconcerte les critiques et le public, oscillant entre une comédie de mœurs classique et une exploration maladroite de relations toxiques.
- Le film, réalisé par Matej Pichler, s’inspire d’une pièce de théâtre autrichienne et met en scène un couple confronté à une décision difficile : un don de rein.
- Malgré la présence d’acteurs talentueux comme Anna Polívková et Martin Péchlat, le film est critiqué pour son manque d’originalité et son esthétique publicitaire omniprésente.
- Les critiques soulignent un scénario répétitif et un manque de profondeur dans l’exploration des thèmes abordés.
« Neco za neco » s’annonce comme une comédie de mœurs typique, avec son affiche mettant en avant Anna Polívková, ses relations amoureuses compliquées et un humour basé sur des échanges verbaux. Pourtant, sous cette façade se cache une œuvre qui, loin de divertir, semble plutôt refléter de manière peu inspirée les dynamiques destructrices des relations amoureuses.
Le film suit Catherine (Anna Polivkova) et Daniel (Martin Péchlat), un couple dont la vie bascule lorsque Daniel a besoin d’une greffe de rein. La question de savoir si Catherine acceptera de lui donner un de ses organes devient le point de départ d’une spirale de doutes, de reproches et de frustrations. Pour compliquer le tout, le couple invite leurs amis Diane (Barbora Seidlová) et Erik (Jaromír Nosek) à passer un week-end dans un chalet, où les secrets et les tensions refont surface.
Le réalisateur, Matej Pichler, connu pour son travail sur le thriller involontairement ridicule « Daria », s’est appuyé sur une pièce de l’auteur autrichien Stefan Vögel, déjà jouée avec succès sur les scènes tchèques sous les titres « Side Effects » (Divadlo Palace) et « Ledvina » (Divadlo Mír à Ostrava). Cependant, l’adaptation cinématographique peine à transposer la force du théâtre à l’écran.
Les critiques pointent du doigt un scénario trop prévisible, des dialogues répétitifs et un manque de prise de risque. L’esthétique soignée, voire excessive, du film, avec ses plans de drone inutiles et sa musique condescendante, contribue à créer une atmosphère artificielle qui contraste avec la gravité des thèmes abordés. Le film semble constamment chercher à être « beau » au détriment de la substance.
L’absence de rythme et de tension est également soulignée. Les acteurs, malgré leur talent, semblent contraints de réciter des lignes pré-écrites, sans réelle possibilité d’explorer la complexité de leurs personnages. Le film manque cruellement de moments d’escalade ou de véritable émotion.
Si le scénario tente de s’aventurer dans l’humour, il se contente souvent de clichés et de réflexions superficielles sur les différences entre les sexes ou les complexes masculins. Chaque personnage est réduit à quelques traits de caractère, ce qui rend difficile l’identification et l’empathie.
En définitive, « Neco za neco » apparaît comme une occasion manquée. Malgré le potentiel dramatique de son sujet, le film échoue à proposer une vision originale et percutante des relations amoureuses. L’impuissance créatrice des réalisateurs et leur pari sur une esthétique générique tuent toute possibilité d’émotion ou de réflexion.
Film
Quelque chose pour quelque chose (Neco za neco)
Réalisé par : Matej Pichler
Bontonfilm, sortie le 16 octobre
