Publié le 29 décembre 2023. L’ascension fulgurante des constructeurs automobiles chinois, notamment BYD, menace la domination historique du Japon sur le marché mondial, une dynamique exacerbée par l’essor des véhicules électriques à bas coût.
- En 2025, les ventes de voitures chinoises devraient dépasser celles des voitures japonaises à l’échelle mondiale.
- BYD et Geely ont intégré le top 10 des constructeurs automobiles en termes de ventes mondiales au premier semestre 2025.
- BYD prévoit d’étendre sa production à l’étranger, notamment en Thaïlande, en Turquie et en Hongrie, et cible particulièrement les marchés émergents comme l’Afrique.
Le Japon, longtemps leader incontesté des exportations automobiles, voit sa position fragilisée par la concurrence chinoise. En 2023, le pays a déjà cédé la deuxième place des exportations à la Chine, un signal avant-coureur de la bascule en cours. Selon des informations rapportées par le Nihon Keizai Shimbun, cette tendance devrait s’accentuer en 2025, avec un dépassement attendu des ventes globales.
Cette montée en puissance des constructeurs chinois est particulièrement visible dans les chiffres du premier semestre 2025. Si Toyota Motor Corporation conserve pour l’instant la première place, BYD (7ème position) et Zhejiang Geely Holding Group (8ème position) ont réussi à s’imposer dans le top 10, reléguant Honda (9ème position) et Nissan Motors (11ème position) en dehors du cercle des leaders.
BYD, devenu une marque reconnue, notamment au Japon, et Zhejiang Geely, connu pour ses acquisitions de Volvo (Suède) et Proton (Malaisie), sont à l’avant-garde de cette offensive. BYD prévoit de lancer son véhicule électrique léger « Otter » sur le marché japonais à l’été 2026. Ce modèle, conçu spécifiquement pour le marché japonais, témoigne de l’ambition de l’entreprise de s’internationaliser et de conquérir les marchés émergents, en particulier en Afrique, où Suzuki détient actuellement une part de marché importante.
L’expansion de BYD ne se limite pas à l’Afrique. L’entreprise prévoit également la construction d’une nouvelle usine en Thaïlande et le lancement d’une production locale en Turquie et en Hongrie, dans le but de renforcer sa présence sur le marché européen. Cette stratégie agressive a déjà des conséquences, notamment en Asie du Sud-Est, un bastion traditionnel de l’industrie automobile japonaise, où les constructeurs chinois gagnent rapidement des parts de marché. Mitsubishi Motors, fortement dépendant de cette région, a d’ailleurs annoncé la suspension de la production de sa troisième usine en Thaïlande, dédiée aux voitures particulières.
Cette situation rappelle l’histoire de l’industrie automobile japonaise, qui a elle-même connu des frictions commerciales lors de son expansion internationale dans les années 1990. Suite à un accord conclu lors de négociations avec les États-Unis en 1995, les constructeurs japonais avaient accéléré la production locale à l’étranger. L’offensive à l’exportation chinoise suscite désormais une prudence similaire sur le marché mondial, et une localisation accrue de la production pourrait être encouragée en réponse.
« Il sera probablement difficile pour les voitures japonaises de dépasser à nouveau les voitures chinoises en termes de volume. »
Hisao Inoue, journaliste
