Publié le 18 janvier 2026. Plus d’1,7 million de déclarations de situation patrimoniale (ISEE) présentent des anomalies, révélant des erreurs ou des tentatives de fraude qui faussent l’accès aux aides sociales. Un nouveau décret, issu du Plan de relance national (Pnrr), pourrait simplifier le système et limiter ces abus grâce à une meilleure interopérabilité des données administratives.
- Près de 1,7 million d’ISEE sont considérés comme incorrects, en raison d’erreurs de déclaration de revenus ou de composition familiale.
- Le futur décret Pnrr prévoit l’application du principe du “une seule fois”, évitant aux citoyens de fournir des informations déjà détenues par l’administration.
- La Plateforme nationale de données numériques (Pdnt) sera renforcée pour faciliter le croisement des données et détecter les incohérences.
Les dernières données du Registre national de la population résidente, croisées avec les contrôles de revenus, mettent en évidence un nombre significatif d’erreurs dans les déclarations d’ISEE. Au total, 1,7 million de situations patrimoniales sont jugées irrégulières, soulevant des questions sur l’équité de la répartition des primes, des avantages et des exonérations fiscales.
Les erreurs les plus fréquemment constatées concernent les revenus et le patrimoine, avec 640 000 déclarations comportant des valeurs incorrectes, et la composition du foyer fiscal, avec 1,1 million d’erreurs sur le nombre de membres. L’administration publique suspecte que ces anomalies soient parfois le résultat de stratégies délibérées visant à réduire l’ISEE et à accéder à des aides auxquelles les familles n’auraient pas droit autrement. Un exemple courant est celui des familles qui modifient temporairement la résidence de leurs enfants étudiants pour bénéficier d’avantages fiscaux.
Pour remédier à cette situation, le gouvernement mise sur le décret issu du Plan de relance national (Pnrr). Ce texte prévoit la mise en œuvre effective du principe du “une seule fois”, énoncé dès 2020 mais jamais pleinement appliqué. Ce principe impose à l’administration publique d’utiliser les données dont elle dispose déjà sur les citoyens, même si elles ont été collectées par un organisme différent de celui qui a besoin de ces informations.
Concrètement, les communes, les universités et autres organismes chargés de vérifier l’éligibilité des familles aux prestations sociales ne devraient plus avoir à solliciter directement les déclarations d’ISEE. Ils pourront accéder aux données pertinentes via la Plateforme nationale de données numériques (Pdnt), qui centralisera les informations déjà collectées par d’autres administrations, notamment l’Agence du revenu. Cette dernière, grâce à son accès aux données fiscales, pourra fournir des informations plus précises sur les revenus des foyers.
Le renforcement de la Pdnt, qui regroupe déjà plus de 9 000 entités et 13 500 services numériques, nécessitera un investissement de 556 millions d’euros du Pnrr. Cette plateforme permettra de croiser facilement les données de plus de 11 millions d’ISEE, et se préparera à l’augmentation probable du nombre de déclarations de situation patrimoniale (DSU) à partir de 2026, en raison de l’augmentation du plafond d’exclusion du premier logement du calcul du patrimoine pour l’ISEE.
