Publié le 18 octobre 2025 04:30:00. Le parti socialiste néerlandais (SP) tente de renverser une longue série de défaites électorales avec Jimmy Dijk à sa tête, alors que les sondages actuels ne lui laissent que peu d’espoir de succès.
- Le SP a perdu les neuf dernières élections auxquelles il a participé, notamment les élections législatives depuis 2010, les élections européennes de 2019 et les élections provinciales de 2019 et 2023.
- Les derniers sondages accordent au SP seulement quatre sièges, soit une quasi-division par deux par rapport à son score précédent.
- Jimmy Dijk mise sur la mobilisation des jeunes électeurs et la promesse d’un gouvernement véritablement social pour inverser la tendance.
Après une succession de revers électoraux – les élections législatives depuis 2010, les scrutins européens de 2019 et les élections provinciales de 2019 et 2023 – le parti socialiste néerlandais (SP) est à la recherche d’un nouveau souffle. Fin 2023, Jimmy Dijk a pris les rênes du parti, succédant à Lilian Marijnissen, avec pour mission de redresser la barre.
Les derniers sondages, publiés par EenVandaag et Verian, ne sont guère encourageants. Ils prédisent au SP seulement quatre sièges, une perte significative par rapport aux sept sièges qu’il détient actuellement. « Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Nous devons redoubler d’efforts. C’est clair », a reconnu Dijk.
Malgré ce constat, le chef de file du SP, en pleine campagne électorale, reste optimiste. Il affirme constater sur le terrain un intérêt particulier de la part des jeunes électeurs, qui n’apparaît pas encore dans les sondages. « Les prochaines semaines seront cruciales. La seule direction possible est vers le haut ! », a-t-il déclaré.
Un gouvernement social en ligne de mire
Jimmy Dijk espère convaincre un nombre croissant d’électeurs de rejoindre le SP. « Je pense que nous pouvons obtenir entre 8 et 10 sièges », a-t-il affirmé, tout en soulignant les spéculations concernant la formation d’un gouvernement de centre, associant GroenLinks-PvdA et le VVD.
Selon lui, un tel gouvernement ne représenterait pas un changement suffisant par rapport à l’actuelle coalition. « Le SP est la seule garantie d’un gouvernement véritablement social », a-t-il insisté, soulignant la forte popularité du parti dans les quartiers populaires et les anciens bastions ouvriers. Pour l’instant, cette sympathie ne se traduit pas en voix, le SP risquant de perdre un siège par rapport à ses cinq sièges actuels à la Chambre des représentants.
Les Pays-Bas trop prospères pour le SP ?
Des chiffres récents publiés par le CBS (Centraal Bureau voor de Statistiek) indiquent que près de 80 % des Néerlandais se déclarent satisfaits de leur situation financière. Or, la réduction des inégalités de revenus et de patrimoine est un pilier du programme du SP. Les Pays-Bas sont-ils devenus trop prospères pour un parti comme le SP ?
Jimmy Dijk a réagi avec un sourire : « Non, non. Si l’on examine également les chiffres du Nibud (Institut néerlandais de la budgétisation), on constate qu’un tiers de la population a des revenus incertains et une situation professionnelle précaire. Il y a donc encore beaucoup de travail à faire. »
La santé, un enjeu majeur
Dijk met en avant les inquiétudes croissantes des électeurs concernant les coupes budgétaires dans les soins aux personnes âgées. La santé est un thème central de la campagne du SP, qui propose notamment de mettre fin aux réductions de dépenses et de supprimer la franchise médicale.
Malgré ce message répété, le SP continue de perdre des élections. Dijk reste néanmoins confiant : « Eh bien, que ces élections soient différentes ! »
