Publié le 2 novembre 2025 10h47. Face à la résurgence du Covid-19, un lecteur s’interroge sur l’efficacité à long terme de la vaccination et la pertinence d’une campagne de rappel plus fréquente. Le Dr Keith Roach répond à ses questions et aborde également les risques liés aux transfusions sanguines.
- L’immunité conférée par les vaccins à ARNm contre le Covid-19 diminue avec le temps, passant d’une efficacité de 85 à 90 % dans les trois premiers mois à 50-60 % après six à huit mois.
- La vaccination reste efficace pour prévenir les formes graves de la maladie, les hospitalisations et les décès, même en cas de variants.
- Une vaccination annuelle est recommandée pour maintenir une protection contre les formes graves, mais une vaccination plus fréquente peut être envisagée pour les personnes immunodéprimées.
Un lecteur, identifié par les initiales BJM, s’inquiète de la protection offerte par son dernier vaccin contre le Covid-19, administré il y a huit mois, suite à un cas de Covid-19 détecté chez sa fille. Il se demande pourquoi la recommandation actuelle se limite à une vaccination annuelle, alors que l’immunité semble diminuer rapidement.
Le Dr Keith Roach explique que les vaccins visent idéalement à conférer une immunité contre l’infection, bien qu’aucun vaccin ne soit parfait. Les vaccins à ARNm offrent une protection élevée au début, mais celle-ci s’estompe avec le temps. L’efficacité du vaccin varie également en fonction du variant du virus.
Cependant, le Dr Roach souligne que la vaccination continue de protéger contre les formes graves de la maladie, même face aux variants actuellement en circulation. La probabilité d’hospitalisation et de décès reste significativement réduite après la vaccination, en particulier chez les personnes ayant reçu plusieurs doses. Cette protection peut durer un an, voire plus.
Bien qu’une vaccination bisannuelle ne soit pas nocive et offrirait une protection plus constante, la vaccination annuelle est considérée comme suffisante pour prévenir les formes graves de la maladie. Les personnes dont le système immunitaire est affaibli, comme les personnes âgées ou celles sous traitement immunosuppresseur (transplantation d’organes, chimiothérapie, maladies auto-immunes graves), pourraient bénéficier d’une vaccination plus fréquente.
Pour les patients atteints de maladies graves du système immunitaire, une alternative à la vaccination est l’utilisation d’anticorps monoclonaux, comme le Pemivibart, administré par perfusion intraveineuse tous les trois mois.
Le Dr Roach insiste sur le fait que la décision de se faire vacciner doit être prise en concertation entre le patient et son médecin.
Dans une autre question, un lecteur, RP, exprime son inquiétude concernant les risques de transfusion sanguine, suite au décès de son cousin suite à une erreur de groupe sanguin à l’adolescence. Il se demande quelles sont les chances qu’un tel événement se reproduise aujourd’hui et comment il peut être évité.
Le Dr Roach assure que de tels incidents sont extrêmement rares, avec seulement quatre cas définis aux États-Unis au cours de la dernière année signalée (sur 10 millions de transfusions). Il souligne que plusieurs mesures de sécurité sont mises en place pour prévenir de telles erreurs. Les personnes de groupe sanguin O négatif, comme RP, sont les plus à risque et ne peuvent recevoir que du sang O négatif.
Le sang est systématiquement testé avant chaque transfusion, sauf dans des situations d’urgence extrême où le temps presse et où le risque de décès est immédiat. Même dans ces cas, du sang O négatif est utilisé en priorité. Bien que les pays développés aient des protocoles similaires, la sécurité de l’approvisionnement en sang peut varier dans les pays sous-développés.
Les lecteurs peuvent envoyer leurs questions par courriel à [email protected].

