Alors que les crises humanitaires se multiplient à travers le monde, la santé mentale devient un enjeu de plus en plus crucial, souvent négligé. À l’approche de la Journée mondiale de la santé mentale, le 24 septembre 2025, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) met l’accent sur l’importance d’intégrer le soutien psychologique aux interventions d’urgence.
Plus d’un milliard de personnes souffrent d’un trouble de santé mentale à l’échelle mondiale, et le suicide représente désormais un décès sur cent. En Inde, on estime que près de 13,7 % de la population sera confrontée à des problèmes de santé mentale au cours de sa vie. Pourtant, malgré une sensibilisation croissante, entre 70 et 92 % des personnes dans le besoin n’ont pas accès à des soins appropriés.
Cette situation est due à plusieurs facteurs, notamment la stigmatisation qui empêche de nombreux individus de demander de l’aide, le manque criant de professionnels qualifiés et la tendance des systèmes de santé à reléguer le bien-être mental au second plan. L’Inde, par exemple, ne compte que 0,75 psychiatre pour 100 000 habitants, un ratio bien inférieur à la moyenne mondiale, et ce déficit est particulièrement marqué dans les zones rurales et défavorisées.
Les sources de stress ont également évolué ces dernières années. Au-delà des traumatismes et du deuil, de nouvelles pressions psychologiques émergent, telles que la surcharge numérique, l’isolement social, l’incertitude économique et l’anxiété liée au changement climatique. Les conséquences persistantes de la pandémie de Covid-19 continuent d’exacerber la fatigue, le burn-out et le sentiment de déconnexion.
Trois obstacles majeurs freinent les progrès en matière de santé mentale. Tout d’abord, l’accès aux soins reste limité, la plupart des services étant concentrés dans les zones urbaines, laissant les populations rurales et marginalisées sans soutien. Ensuite, la stigmatisation persiste, les croyances culturelles associant souvent la détresse émotionnelle à la faiblesse. Enfin, la santé mentale reste trop souvent isolée de la santé physique, alors que le lien entre les deux est clairement établi.
Pour répondre à cette crise, une réforme systémique et une responsabilité partagée sont nécessaires. Les soins de santé mentale doivent être intégrés aux systèmes de santé primaires, aux écoles et aux lieux de travail. La technologie peut jouer un rôle déterminant dans cette transformation. L’initiative Télé-MANAS (14416), par exemple, offre déjà des conseils à distance multilingues 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 dans toute l’Inde.
La formation des enseignants, des agents de santé communautaires (ASHA) et des bénévoles en tant que premiers intervenants en cas de détresse mentale peut également créer des réseaux de soutien locaux et évolutifs. Il est également essentiel de normaliser les conversations sur la santé mentale au sein des familles, des entreprises et des communautés. « Il n’y a pas de santé sans santé mentale », rappelle l’OMS.
En situation de crise humanitaire, qu’elle soit causée par une catastrophe naturelle, une pandémie ou un conflit, le soutien à la santé mentale doit être considéré comme un élément essentiel de l’intervention d’urgence. Les premiers secours psychologiques et les conseils en traumatologie doivent être intégrés aux plans d’intervention dès le début, et non ajoutés a posteriori.
Où trouver de l’aide :
- Inde : Télé-MANAS (14416) offre un soutien gratuit et confidentiel en plusieurs langues, 24h/24 et 7j/7. Ligne d’assistance KIRAN (1800-599-0019) et ligne d’assistance de la Fondation Vandrevala (+91-9999 666 555) proposent des conseils et une intervention en cas de crise. Ligne d’assistance NIMHANS (080-46110007) met en relation les appelants avec des professionnels qualifiés.
- International : Ligne de texte de crise (envoyez « HOME » au 741741) et 988 Suicide & Crisis Lifeline (États-Unis) sont disponibles pour une assistance immédiate et gratuite.
