Une visite à Lyon a suscité la colère de la CGT, qui dénonce une opération de promotion politique au sein de la Fnac. L’ancien président Nicolas Sarkozy, en tournée pour son livre “Le journal d’un prisonnier”, a été accueilli jeudi 8 janvier par un comité hostile et un important dispositif de sécurité.
Selon le syndicat CGT Fnac, près d’une centaine de personnes se sont mobilisées devant la Fnac Bellecour, où Nicolas Sarkozy a rencontré ses lecteurs pendant moins de deux heures, quittant les lieux vers 16h45 pour prendre un train à 17h. La CGT dénonce la venue d’« un individu (…) accusé de recel, de détournement de fonds publics, corruption passive, financement illégal de campagne électorale, association de malfaiteurs ».
Cette protestation intervient après la condamnation de Nicolas Sarkozy à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Bien qu’incarcéré à la prison de la Santé pendant 21 jours, il a bénéficié d’une remise en liberté sous contrôle judiciaire le 10 novembre dernier, suite à une décision de la cour d’appel de Paris.
La CGT critique également la direction de la Fnac pour ce qu’elle considère comme un soutien à des idées politiques controversées. Le syndicat rappelle que la Fnac a déjà collaboré avec Europe 1, Hachette et Fayard, toutes des entités appartenant au groupe de Vincent Bolloré, dont l’influence croissante sur le paysage politique et médiatique est régulièrement pointée du doigt. Plusieurs médias du groupe Bolloré ont récemment été sanctionnés par l’Arcom, le régulateur audiovisuel français.
Par ailleurs, la CGT Fnac déplore le manque de réponse de la direction à ses revendications salariales, notamment la suspension de l’application automatique des augmentations de branche sur le salaire de base, qualifiée de « bombe sociale à retardement ». Le syndicat reproche également au directeur général Enrique Martinez d’avoir personnellement salué Nicolas Sarkozy au lieu de répondre aux préoccupations des employés lyonnais.
Le livre de Nicolas Sarkozy, écrit en un temps record, rencontre un certain succès commercial, avec près de 100 000 exemplaires vendus en moins d’une semaine, selon les éditions Fayard. Cependant, cet engouement n’est pas partagé par tous les libraires. Francis Chaput-Dezerville, propriétaire du Bal des ardents, une librairie indépendante lyonnaise, a déclaré à Euronews ne pas avoir le livre en stock, n’ayant reçu que trois demandes à ce sujet. Il estime que les livres des hommes politiques se vendent principalement grâce à la couverture médiatique : « Les gens les achètent à cause du battage médiatique », a-t-il affirmé.
