Publié le 4 janv. 2026 à 13h10. Une habitante de Pont-Audemer (Eure) a été reconnue coupable de sévices graves envers ses animaux, après la découverte d’une situation d’horreur dans son domicile. Elle est désormais interdite à vie de détenir un animal et devra verser des milliers d’euros de dommages et intérêts.
- Une femme a été condamnée pour avoir maintenu ses chiens et chats dans des conditions atroces, caractérisées par la maigreur extrême et le manque de soins.
- Elle a écopé d’une interdiction à vie de détenir des animaux et d’une obligation de verser plus de 8 300 € aux associations de protection animale.
- L’association Les Félins Rislois a exprimé son mécontentement face à une peine qu’elle juge trop clémente.
C’est lors d’une procédure d’expulsion, en présence d’un huissier, que l’ampleur de la maltraitance a été révélée. Les gendarmes de Pont-Audemer étaient intervenus le 20 juin 2024, accompagnés de représentants de la Fondation 30 Millions d’Amis, au domicile de cette femme. Ils y avaient découvert des animaux vivant dans des conditions insalubres et souffrant de graves carences.
Les images diffusées par l’association montraient trois chiens de race staffordshire terrier squelettiques, aux côtes saillantes. L’un d’eux présentait une tumeur non soignée, tandis que la plus jeune, Princesse (5 ans), était toujours enfermée dans sa cage, sur un matelas souillé par ses excréments. Selon la vétérinaire qui les a pris en charge en urgence, les animaux étaient dans un « état de cachexie très avancé », avec des « plaies de frottement » et une « amyotrophie généralisée » due à une immobilisation prolongée. Ils ont ensuite été placés dans un refuge.
La gendarmerie avait ouvert une enquête suite à ces faits. La Fondation 30 Millions d’Amis et l’association Les Félins Rislois avaient conjointement déposé plainte pour sévices graves, actes de cruauté, abandon volontaire et privation de nourriture et d’abreuvement.
L’audience s’est tenue le 29 décembre dernier devant le tribunal correctionnel d’Évreux. La prévenue a été déclarée coupable de sévices graves envers ses trois chiens et ses trois chats. Outre l’interdiction à vie de détenir un animal, elle a été condamnée à verser 7 000 € à la Fondation 30 Millions d’Amis pour couvrir les frais de garde, d’hébergement et de soins vétérinaires, ainsi qu’1 € de préjudice moral et 1 000 € au titre des frais non remboursés par l’État. Elle devra également régler plus de 1 300 € aux Félins Rislois pour les frais vétérinaires engagés.
Les Félins Rislois ont cependant exprimé leur déception face à la décision de justice :
« Le tribunal n’a pas retenu la peine de quatre mois de prison avec sursis requise par la procureure ! Une justice hors sol, complètement à côté de la plaque, qui donnerait envie d’appliquer la loi du Talion ! Une justice qui nous fait passer pour des c** quand nous mentionnons que la maltraitance animale est punie par la loi jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende, qui nous discrédite et qui encourage ouvertement la cruauté infligée aux animaux. »
Les Félins Rislois
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