Publié le 4 janvier 2026. Une opération militaire américaine surprise au Venezuela, ordonnée unilatéralement par le président Trump, a provoqué une vive réaction aux États-Unis, notamment au sein du parti démocrate, qui dénonce un acte illégal et une ingérence potentiellement dangereuse.
- Le président Trump a annoncé la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia Flores, qui doivent être transférés à New York pour y être jugés pour narcoterrorisme présumé.
- L’opération a été menée sans consultation du Congrès, suscitant l’indignation des démocrates qui craignent des violations du droit international et des conséquences imprévisibles.
- Des figures de proue du parti démocrate, dont Kamala Harris et Alexandria Ocasio-Cortez, ont dénoncé l’intervention, la qualifiant d’acte de guerre motivé par des intérêts pétroliers et une volonté de changement de régime.
L’annonce, faite samedi par le président républicain, a plongé Washington dans la controverse. Donald Trump a affirmé que les États-Unis « gouverneront le pays jusqu’à ce qu’une transition sûre, adéquate et sensée puisse être réalisée », sans préciser les modalités de cette gouvernance. Cette intervention unilatérale a immédiatement soulevé des questions quant à sa légalité et à ses implications sur la scène internationale.
Les dirigeants démocrates du Sénat et de la Chambre des représentants, Chuck Schumer et Hakeem Jeffries, ont exprimé leur désaccord dans une déclaration commune :
« Le plan annoncé par le président Trump pour gouverner le Venezuela est inacceptable. »
Ils ont exigé un briefing urgent du « Gang of Eight », un groupe de représentants des deux partis informés des questions de sécurité nationale, afin d’obtenir des explications sur cette action militaire.
Le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, a pris position de manière encore plus directe. Il a révélé avoir personnellement contacté le président Trump par téléphone pour lui faire part de son opposition à l’intervention.
« J’ai appelé le président et lui ai parlé directement pour lui exprimer mon opposition à cette décision »,
a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. Il a également publié sur le réseau social X : « Attaquer unilatéralement une nation souveraine est un acte de guerre et une violation du droit fédéral et international. »
Alexandria Ocasio-Cortez, figure influente du parti démocrate au Congrès, a quant à elle mis en doute les motivations affichées par l’administration Trump.
« Il ne s’agit pas de drogue. Si c’était le cas, Trump n’aurait pas gracié l’un des plus grands trafiquants de drogue du monde le mois dernier »,
a-t-elle écrit sur X, en référence à la grâce accordée à l’ancien président hondurien Juan Orlando Hernández. Elle a ajouté : « Il s’agit de pétrole et de changement de régime. Et ils ont besoin d’un procès maintenant pour prétendre que ce n’est pas le cas. Surtout pour détourner l’attention d’Epstein et de la flambée des coûts des soins de santé. »
Une douzaine de législateurs démocrates ont également rejoint les critiques, dans une déclaration commune. Ils ont condamné fermement les plans du président Trump d’occuper le Venezuela, soulignant l’urgence des problèmes internes aux États-Unis et la nécessité d’éclaircissements sur les risques encourus par les militaires américains. Déclaration complète des sénateurs démocrates.
Cette opération intervient en pleine année électorale aux États-Unis, avec des élections de mi-mandat en novembre où seront renouvelés les 435 membres de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. Si le débat sur le coût de la vie dominait jusqu’à présent la campagne, l’intervention au Venezuela pourrait modifier les priorités des électeurs et compliquer les efforts des démocrates pour reconquérir la majorité dans les deux chambres.
Kamala Harris, ancienne candidate à la présidence face à Donald Trump, a également dénoncé l’opération sur le réseau social X :
« Les actions de Donald Trump au Venezuela ne rendent pas l’Amérique plus sûre, plus forte ou plus abordable. Le fait que Maduro soit un dictateur brutal et illégitime ne change rien au fait que cette action était à la fois illégale et imprudente. Nous avons déjà vu ce film. Des guerres pour un changement de régime ou du pétrole qui… »
Harris a précisé que cette intervention ne visait pas la démocratie ou la lutte contre le trafic de drogue, mais plutôt le contrôle des ressources pétrolières et l’affirmation du pouvoir de Donald Trump. Elle a également rappelé la grâce accordée à Juan Orlando Hernández, soulignant l’incohérence de la politique de l’administration Trump.
Bernie Sanders, sénateur de gauche, a également exprimé son opposition, affirmant que le président Trump n’avait pas l’autorité constitutionnelle pour attaquer un autre pays.
« Alors que 60 % des Américains vivent d’un salaire à l’autre, il devrait se concentrer sur les crises intérieures, mettre fin à son aventurisme militaire illégal et cesser d’essayer de “diriger” le Venezuela pour le compte des grandes sociétés pétrolières. »
