Publié le 24 septembre 2025 à 14h30. Une activité sismique inhabituelle détectée sur le mont Rainier a suscité l’inquiétude en ligne, mais les experts rassurent : il s’agit d’un dysfonctionnement d’un capteur et non d’un signe avant-coureur d’éruption.
- Des relevés anormaux ont été enregistrés par un capteur sismique du mont Rainier, alimentant des spéculations sur une possible éruption.
- Le Réseau sismique du nord-ouest Pacifique (PNSN) a identifié la source du problème : une station défectueuse, probablement perturbée par des interférences radio ou une panne matérielle.
- Aucun autre signe d’activité volcanique accrue n’a été détecté, et le niveau d’alerte reste inchangé.
L’alerte a été déclenchée par des données publiées par un capteur situé à St. Andrews Rock (STAR), l’une des stations les plus anciennes du réseau de surveillance du mont Rainier. Pendant plusieurs jours, cet instrument a enregistré une activité sismique continue et de forte intensité, ce qui a rapidement fait le tour des réseaux sociaux et a été relayé par certains médias. Un article du Daily Mail, titré « Le volcan le plus meurtrier d’Amérique entre dans une phase de tremblements sans précédent de 72 heures alors que la menace d’éruption menace des millions de personnes », a notamment contribué à alimenter l’inquiétude.
Cependant, les experts du PNSN se sont empressés de relativiser. Selon eux, l’anomalie observée est isolée. Les centaines d’autres capteurs positionnés autour du volcan n’ont enregistré aucun comportement similaire. « La différence entre quelque chose qui est un signal de tremblement de terre ou une secousse dans le volcan et quelque chose qui ressemble à un problème de transmission des données est très claire », a expliqué Harold Tobin, directeur du PNSN de l’Université de Washington.
« Les stations s’éteignent tout le temps. C’est pourquoi nous en exploitons des centaines. »
Harold Tobin, directeur du Réseau sismique du nord-ouest Pacifique de l’Université de Washington
Le PNSN pense que la station STAR a probablement subi des interférences radio ou une défaillance matérielle, comme une batterie défectueuse. Il est également possible que l’antenne radio soit recouverte de glace. Une réinitialisation à distance de la station est prévue, mais une réparation physique ne pourra probablement pas être effectuée avant la fin de la saison hivernale, en raison des conditions météorologiques difficiles.
Une modernisation de la station STAR est déjà prévue pour 2026 ou 2027. Bien que le mont Rainier soit un volcan actif et considéré comme l’un des plus dangereux des États-Unis, le PNSN souligne qu’aucun autre signe d’activité volcanique accrue n’a été détecté : pas d’augmentation des tremblements de terre volcaniques, pas de gonflement du sol, et le niveau d’alerte reste inchangé. La dernière éruption mineure de Rainier a eu lieu en 1884, et sa dernière période éruptive majeure remonte à environ mille ans.
Les autorités rappellent que le mont Rainier présente un risque élevé à long terme en raison de son potentiel à générer des lahars, des coulées de boue volcaniques rapides et dévastatrices. En juillet et août dernier, le volcan a connu le plus grand essaim de tremblements de terre jamais enregistré, avec plus de 1 000 petits séismes. Cet événement rappelle l’éruption du mont St. Helens en 1980, la plus meurtrière de l’histoire des États-Unis, qui a généré un lahar ayant détruit plus de 200 maisons et causé 57 décès.
Malgré l’attention médiatique et l’inquiétude en ligne, le PNSN insiste sur le fait que les signaux anormaux observés cette semaine sont limités à la station STAR et que tous les autres équipements de surveillance ne montrent aucun signe de changement dans l’activité du mont Rainier.
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