Publié le 11 octobre 2025 08:52:00. L’écrivaine irlandaise Sinéad Moriarty revient avec un roman policier captivant, The Silent Ones, inspiré d’une affaire tristement célèbre des années 1980 et explorant les préjugés sexistes au sein de la police.
- Le nouveau roman de Moriarty, The Silent Ones, se déroule en 1980 et suit l’enquête de la Garda Mary Shea sur la mort d’un bébé retrouvé sur une plage du comté de Kerry.
- L’intrigue s’inspire de l’affaire Kerry Babies, un scandale qui a profondément marqué l’Irlande et révélé les tensions sociales de l’époque.
- L’auteure envisage d’adapter son œuvre pour la télévision et travaille déjà sur la suite des aventures de Mary Shea.
Dans The Silent Ones, l’inspectrice Mary Shea, longtemps ignorée par ses collègues masculins, se retrouve au cœur d’une enquête délicate. Lorsqu’un bébé est découvert sans vie sur une plage du comté de Kerry, tous les regards se tournent vers les femmes de la ville. Mary, soudainement valorisée pour ses compétences, doit naviguer dans un environnement hostile où les préjugés de ses supérieurs menacent de faire condamner une innocente. Pour découvrir la vérité, elle devra prendre des risques considérables, mettant en péril non seulement sa carrière, mais aussi ses convictions profondes.
L’affaire Kerry Babies, qui a secoué l’Irlande dans les années 1980, a été une source d’inspiration majeure pour Sinéad Moriarty.
« J’étais adolescente quand cette affaire a bouleversé ma génération. C’était un moment où les femmes irlandaises en avaient assez du patriarcat. »
Sinéad Moriarty, auteure
Ce roman, explique-t-elle, pose une question essentielle : comment aurait pu se dérouler l’enquête si une femme avait été aux commandes à l’époque ?
L’auteure, qui a déjà travaillé sur la série télévisée policière The Gone, exprime son désir de voir l’histoire de Mary Shea adaptée pour le petit écran. « Le roman est écrit d’une manière qui se prête facilement à la télévision, c’est donc le but », a-t-elle déclaré. Son expérience dans le domaine de la télévision lui a offert une liberté créative qu’elle n’avait pas toujours dans le genre de la fiction féminine.
Sinéad Moriarty a connu un succès précoce avec son premier roman, Pack Up the Moon, en 2006, ce qui lui a permis de se consacrer à l’écriture à temps plein. Malgré les difficultés économiques rencontrées par le secteur de l’édition, notamment la concurrence des géants technologiques, elle a réussi à maintenir une carrière florissante grâce à sa polyvalence et à sa capacité à travailler dans différents genres, ainsi qu’à son implication dans le cinéma et la télévision.
Son roman précédent, Les Derniers Jours de Rabbit Hayes (2015), a été sélectionné par le Richard and Judy Book Club et aborde un sujet particulièrement sensible. Moriarty explique que ce livre est un hommage à sa mère, décédée de la sclérose en plaques (SEP) alors qu’elle avait 17 ans, ainsi qu’à un groupe d’amis talentueux dont le chanteur principal était également atteint de cette maladie.
« Dans Rabbit, ces deux mondes entrent en collision, ce qui en fait une histoire incroyablement proche de mon cœur. »
Sinéad Moriarty, auteure
Actuellement, Sinéad Moriarty travaille sur plusieurs projets, dont un film en post-production, un autre en phase de première ébauche, le deuxième tome de la trilogie Mary Shea Murders, et une série télévisée britannique qui débutera en octobre.
Interrogée sur son meilleur conseil d’écriture, elle répond simplement : « Écrire. Écrivez simplement. »
Si elle avait le pouvoir suprême pendant une journée, Moriarty déclarerait l’accès à la contraception et à l’avortement sûr et réglementé comme un droit fondamental dans toutes les constitutions du monde. « La santé et l’autonomie des femmes ne devraient jamais dépendre de l’opinion publique ni être considérées comme un ballon de football politique », affirme-t-elle.
Parmi ses recommandations littéraires, elle cite La Nuit où je l’ai tué de Gill Perdue, un roman policier captivant sur une femme confrontée à un terrible secret. Elle apprécie également l’humour pince-sans-rire de Tig Notaro, dont le livre Je ne suis qu’une personne l’a particulièrement touchée, ainsi que l’œuvre poignante de Sebastian Faulks, Birdsong, une exploration obsédante de l’amour et de la futilité de la guerre.
Enfin, Moriarty évoque l’impact profond de la guerre sur le monde, soulignant que les images de souffrance qu’elle voit sur son téléphone la marquent durablement. Elle décrit également le lac Tarawera en Nouvelle-Zélande, où son frère possède une maison de vacances, comme un lieu de beauté et de sérénité, un véritable paradis où elle trouve la paix.
