Publié le 5 novembre 2025 à 03h00. Le déménagement de la ville suédoise de Kiruna pour permettre l’exploitation minière a entraîné une baisse notable de la température hivernale, suscitant des inquiétudes quant à la planification urbaine et à la prise en compte des conditions climatiques locales.
- Une étude de l’Université de Göteborg révèle que le nouveau Kiruna peut être jusqu’à 10°C plus froid en hiver que l’ancienne ville.
- Les experts pointent du doigt un manque d’optimisation de la conception urbaine en fonction du climat arctique.
- Le déplacement de Kiruna, initié en 2014, est motivé par l’expansion de la mine de fer et la découverte de gisements de terres rares.
Le déménagement de Kiruna, une ville située au-dessus du cercle polaire arctique, est un projet d’envergure sans précédent. Initialement conçu pour loger les travailleurs de la mine de fer au début du XXe siècle, le centre-ville est progressivement déplacé vers l’est depuis 2014 afin de permettre l’exploitation continue des ressources minières, notamment un important gisement de terres rares, crucial pour les technologies vertes comme les batteries de voitures électriques et les éoliennes.
Cependant, ce déménagement, bien que nécessaire pour assurer la pérennité de l’activité minière, a des conséquences inattendues sur le climat urbain. Une étude récente de l’Université de Göteborg a mis en évidence une baisse de température significative dans le nouveau Kiruna. Selon les chercheurs, la nouvelle ville, construite dans un bassin où l’air froid s’accumule et ombragée par des bâtiments imposants, peut être jusqu’à 10°C plus froide en hiver que l’ancienne.
« On savait que les conditions seraient pires que lorsque l’urbaniste Per Olof Hallmann a élaboré le plan de la ville de Kiruna en 1900 », explique Jenny Sjöholm, spécialiste du patrimoine bâti à l’université de Göteborg. « Les décideurs n’ont pas optimisé la conception en fonction du climat urbain. » Elle souligne que l’emplacement initial de Kiruna, fondé en 1900 par la société minière LKAB, avait été judicieusement choisi sur un versant ensoleillé orienté au sud, avec des rues conçues pour épouser le relief et se protéger des vents.
Certains habitants témoignent déjà d’un inconfort accru. La place principale du nouveau Kiruna est décrite par certains comme une « soufflerie sanglante ». Malgré l’appréciation de certains pour les nouveaux bâtiments publics et le centre commercial, le manque de considération pour le microclimat local est de plus en plus critiqué.
Le déplacement de Kiruna n’affecte pas seulement le confort des habitants, mais aussi les communautés samis et leurs traditions ancestrales. Les routes de migration traditionnelles des rennes sont perturbées par la mine, la ville et les infrastructures associées, obligeant les éleveurs à modifier leurs parcours pour accéder aux pâturages hivernaux.
Alors que le déménagement de Kiruna devrait se poursuivre jusqu’en 2035, les chercheurs insistent sur la nécessité de tirer les leçons de cette expérience. Ils soulignent l’importance de concevoir des villes adaptées aux conditions arctiques, en tenant compte de l’orientation des rues, de la hauteur des bâtiments et de l’intégration du paysage. « Le nouveau Kiruna n’est pas encore terminé et il existe des moyens d’améliorer le confort grâce aux arbres », conclut Sjöholm.
Welcome to Kiruna – Sweden’s northernmost town! 📍
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– Sweden in the EU (@SwedeninEU) 9 janvier 2023
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