L’avenir du Donbass continue de bloquer les perspectives de paix en Ukraine, alors que les négociations diplomatiques piétinent face à des visions divergentes sur le statut de la région et les garanties de sécurité nécessaires. Malgré les efforts américains pour trouver un terrain d’entente, Kiev maintient une position ferme, conditionnant tout retrait de ses forces à des concessions réciproques et à des assurances solides.
Selon des sources ukrainiennes et des informations rapportées par The Guardian, les États-Unis ont suggéré à l’Ukraine de retirer ses troupes de certaines zones du Donbass actuellement sous contrôle ukrainien, en échange de la création d’une « zone économique libre ». Washington espère ainsi désamorcer les tensions sur la ligne de front et ouvrir la voie à des négociations de paix plus larges.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a toutefois rejeté cette proposition, exprimant son scepticisme quant à la définition et à la gouvernance de cette zone. « Qui gouvernera ce territoire, qu’ils appellent une ‘zone économique libre’ ou une ‘zone démilitarisée’, ils ne le savent pas », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse télévisée. Il a insisté sur la nécessité d’un processus réciproque, encadré par des accords de sécurité clairs et des conditions politiques formelles, plutôt qu’un retrait unilatéral.
Zelensky a souligné que tout accord de paix devait respecter le cadre constitutionnel et juridique ukrainien, et être approuvé par les institutions nationales. Il a plaidé pour le maintien des positions actuelles sur le terrain pendant les négociations, afin d’éviter une nouvelle escalade et de créer un espace propice au dialogue. Il s’est également dit ouvert à un format de négociation à trois impliquant l’Ukraine, les États-Unis et la Russie, à condition que des résultats concrets et des garanties fiables en découlent.
Du côté russe, les conditions restent également fermes. Moscou insiste sur la nécessité de maintenir une présence sécuritaire dans le Donbass, même après un éventuel accord de paix, afin de garantir la stabilité et l’ordre dans la région. Un conseiller du Kremlin a affirmé que tout cessez-le-feu devait tenir compte des évaluations de sécurité de Moscou et de la situation sur le terrain.
Les diplomates se sont réunis à Miami pour discuter de formats de négociation révisés, incluant une participation formelle de la Russie. Cependant, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré que Moscou n’avait reçu aucune proposition formelle en matière de sécurité et qu’elle ne négocierait pas à travers les médias. « Jusqu’à présent, nous avons vu des articles dans les journaux, mais nous n’y répondrons pas. Nous n’avons vu aucun texte pour l’instant », a-t-il précisé.
Peskov a réitéré la position de la Russie, qui s’oppose au déploiement de troupes étrangères en Ukraine et estime que tout règlement doit refléter les réalités établies sur le terrain. Il a ajouté que les objectifs de Moscou sont « transparents » et bien connus de Washington et de Kiev.
Malgré l’activité diplomatique, les combats se poursuivent sur le terrain, causant de nouvelles victimes et des dégâts, selon l’Associated Press. Les dirigeants ukrainiens, en route vers Washington pour de nouvelles discussions, semblent avoir admis l’absence de progrès significatifs vers un accord de paix, une situation qu’ils attribuent à la pression occidentale et à un manque de pragmatisme dans les négociations.
