Publié le 27 octobre 2025 à 14h40. Une annonce de Morgan Stanley Capital International (MSCI) concernant une modification de sa méthodologie de calcul du flottant boursier a provoqué une forte réaction du marché indonésien, avec une chute de près de 4 % de l’indice composite des prix des actions (IHSG) dans la journée de lundi.
- MSCI envisage d’utiliser les données de propriété des titres publiées par le Dépositaire central indonésien de titres (KSEI) pour affiner l’estimation du flottant des actions indonésiennes.
- Cette nouvelle approche pourrait réduire la valeur flottante de nombreuses entreprises indonésiennes, entraînant potentiellement une diminution de leur poids dans l’indice MSCI et des sorties de capitaux étrangers.
- Plusieurs actions, dont PT Petrindo Jaya Kreasi Tbk (CUAN), PT Indofood CBP Sukses Makmur Tbk (ICBP), PT Kalbe Farma Tbk (KLBF) et PT Indofood Sukses Makmur Tbk (INDF), sont particulièrement vulnérables à cette modification.
L’annonce de MSCI intervient alors que le marché indonésien est particulièrement sensible aux révisions d’indices, deux institutions étant particulièrement influentes : FTSE (Financial Times Stock Exchange) et MSCI (Morgan Stanley Capital International). Ces indices sont scrutés de près par les investisseurs étrangers, qui utilisent les indices MSCI, tels que MSCI Emerging Markets, MSCI Asia ex-Japan ou MSCI Indonesia, comme référence pour l’allocation de leurs fonds dans les pays en développement.
MSCI propose deux nouvelles méthodes pour déterminer le flottant. La première se base sur les données de propriété divulguées par les entreprises (rapports annuels, documents officiels, communiqués de presse) combinées aux données de KSEI. Dans cette approche, les actions dont la propriété n’est pas clairement établie dans les données de KSEI, ainsi que celles détenues par des sociétés ou d’autres entités, ne seraient pas considérées comme faisant partie du flottant. La seconde méthode, plus simple, s’appuierait uniquement sur les données de KSEI, considérant uniquement les actions clairement identifiées comme flottantes.
MSCI prévoit également de modifier ses règles d’arrondi du flottant : les flottants élevés (supérieurs à 25 %) seront arrondis au multiple de 2,5 % le plus proche, les flottants moyens (entre 5 et 25 %) au multiple de 0,5 % le plus proche, et les flottants faibles (inférieurs à 5 %) également au multiple de 0,5 % le plus proche. La décision finale sera annoncée au plus tard le 30 janvier 2026, MSCI choisissant l’approche la plus conservatrice (celle qui donne la valeur la plus faible).
L’impact potentiel pour l’Indonésie est significatif. De nombreuses entreprises indonésiennes étant largement détenues par des sociétés ou des groupes, et non par le public, cette nouvelle réglementation pourrait réduire leur flottant et, par conséquent, leur poids dans l’indice MSCI. Cela pourrait entraîner des sorties de capitaux étrangers, les investisseurs institutionnels ajustant leurs portefeuilles en fonction de la composition de l’indice.
Lundi, l’indice JCI a déjà subi une forte pression, chutant de plus de 3,5 % au cours de la séance. À 11h30 WIB, l’indice oscillait entre 7 959,17 et 8 354,67, avec plus de 500 actions en baisse et une perte de capitalisation boursière de 639 000 milliards de roupies indonésiennes en quelques minutes. Selon Refinitiv, tous les secteurs étaient en territoire négatif, avec des titres de conglomérats particulièrement touchés. L’émetteur Sinar Mas, Dian Swaistika Sentosa (DSSA), a contribué à une baisse de -30,12 points de l’indice, tandis que les actions de Prajogo Pangestu ont fait glisser l’indice de -61,78 points. BREN a également contribué négativement, avec une baisse de -29,5 points, revenant au niveau de 7 800, suivi de BRPT (-21,2 points) et revenant à 3 170.
Les révisions d’indices MSCI et FTSE sont souvent suivies de près par les investisseurs, car elles peuvent entraîner des mouvements importants de capitaux. L’inclusion d’une action dans un indice MSCI peut entraîner une augmentation immédiate de la demande et du prix, tandis que la suppression peut provoquer une pression vendeuse. Ce phénomène, connu sous le nom d'”effet MSCI”, est souvent exploité par les traders à court terme.
