Publié le 24 septembre 2025 16:32:00. Une vaste opération menée par les autorités de la province du KwaZulu-Natal a permis l’arrestation de 17 ressortissants étrangers en situation irrégulière et de deux propriétaires d’usines pakistanaises à Pietermaritzburg, dans le cadre d’une lutte accrue contre l’immigration illégale et les pratiques abusives.
- Des perquisitions ont été menées dans des usines de fabrication de matelas à Eastwood, révélant l’emploi de travailleurs sans papiers.
- Le Premier ministre du KwaZulu-Natal, Thami Ntuli, a participé personnellement à l’opération, soulignant l’impact de l’emploi illégal sur le chômage et l’équité économique.
- Les autorités s’inquiètent de la lenteur des procédures d’expulsion et de la capacité limitée des centres de détention.
Mardi après-midi, vers 13 heures, une vingtaine de policiers et d’agents des affaires intérieures ont investi une usine de fabrication de matelas située à Eastwood, à Pietermaritzburg. L’intervention faisait suite à des informations faisant état de la présence de plusieurs travailleurs étrangers en situation irrégulière sur les lieux. Au moment de l’arrivée des forces de l’ordre, les 17 ressortissants étrangers avaient déjà été interpellés et attendaient que les agents de l’immigration enregistrent leurs identités.
Le Premier ministre du KwaZulu-Natal, Thami Ntuli, présent sur place, a expliqué que ces raids s’inscrivaient dans une initiative gouvernementale provinciale visant à combattre l’immigration illégale, les conditions de travail abusives et les réseaux criminels qui en découlent. Il a insisté sur l’importance d’une action directe pour comprendre l’ampleur du problème.
« Pour les 17 opportunités d’emploi qui auraient pu être proposées aux Sud-Africains ou aux personnes résidant ici légalement, nous avons constaté qu’elles étaient occupées par des étrangers illégaux. Lorsqu’ils seront expulsés, il y aura de la place pour les Sud-Africains à la recherche de travail. Cela contribuera également à résoudre le problème des personnes qui séjournent illégalement dans notre pays. »
Thami Ntuli, Premier ministre du KwaZulu-Natal
Au-delà de l’emploi illégal, les autorités s’inquiètent de la capacité du système à gérer efficacement les expulsions. M. Ntuli a révélé que les centres de détention étaient parfois saturés en raison de la lenteur des procédures. Des mesures ont été prises en concertation avec le ministère des Affaires étrangères, notamment la mise à disposition de bus supplémentaires pour faciliter le transport des personnes expulsées.
L’opération a également mis en lumière des pratiques employeur potentiellement illégales. M. Ntuli a souligné que certains employeurs recouraient délibérément à la main-d’œuvre sans papiers pour contourner la législation du travail et réduire les coûts salariaux. Les conditions de travail observées dans certaines usines d’Eastwood ont d’ailleurs conduit le ministère du Travail à envisager une participation directe aux futures inspections.
Cette opération s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes concernant l’emploi des ressortissants étrangers en Afrique du Sud. D’autres perquisitions récentes dans des usines de la région ont déjà révélé la présence de travailleurs sans papiers. En juin dernier, des centaines de personnes avaient manifesté devant les usines de Pietermaritzburg pour dénoncer l’emploi de main-d’œuvre étrangère.
