Publié le 27 décembre 2023 18:35. Le cinéma égyptien est en deuil après la disparition du réalisateur Daoud Abdel Sayed, figure majeure du documentaire et du film de fiction, dont l’œuvre explore avec finesse les réalités sociales et humaines de l’Égypte.
- Daoud Abdel Sayed s’est illustré tant dans le documentaire que dans la fiction, avec des films comme « Kit Kat » et « Messages de la mer ».
- Son parcours a débuté comme assistant réalisateur auprès de figures emblématiques du cinéma égyptien, avant de trouver sa propre voie.
- Plusieurs de ses œuvres ont été récompensées dans des festivals prestigieux, notamment au Caire et à Dubaï.
Karima Kamal, épouse du réalisateur, a annoncé son décès, plongeant la communauté artistique égyptienne dans la tristesse. Daoud Abdel Sayed était reconnu pour son regard acéré sur la société égyptienne, qu’il a scruté à travers ses documentaires et ses films de fiction.
Après avoir débuté sa carrière comme assistant réalisateur sur des œuvres majeures telles que « La Terre » de Youssef Chahine et « L’Homme qui a perdu son ombre » de Kamal Al-Sheikh, Daoud Abdel Sayed a pris la décision de s’éloigner de ce rôle, estimant qu’il ne correspondait pas à ses aspirations artistiques. Il s’est alors tourné vers le documentaire, utilisant sa caméra pour témoigner des réalités de l’Égypte.
Ses premiers films documentaires, comme « La volonté d’un homme sage dans les affaires villageoises et l’éducation » (1976), « Le travail sur le terrain » (1979) et « À propos des gens, des prophètes et des artistes » (1980), ont posé les jalons de son œuvre. Il a ensuite exploré la fiction avec des films marquants tels que « À la recherche de Sayed Marzouk » (1991), « Kit Kat » (1991), « Le voleur de joie » (1995), « Citoyen, informateur et voleur » (2001), « Messages de la mer » (2010) et « Capacités inhabituelles » (2015).
L’œuvre de Daoud Abdel Sayed a été largement saluée par la critique et a reçu de nombreuses distinctions. Son film « Clochards » (1985) lui a valu le prix de la première œuvre au Festival académique d’Assouan. « Land of Fear » a quant à lui remporté le Silver Pyramid Award au Festival international du film du Caire, le prix du scénario au premier festival du film de Bahreïn, ainsi que les prix du meilleur film et de la meilleure réalisation au Film Society Festival en 1999.
En 2013, trois de ses films – « Kit Kat » (1991), « Land of Fear » (1999) et « Messages of the Sea » (2010) – ont été inclus dans la liste des 100 films arabes les plus importants établie par le Festival international du film de Dubaï. Il a également été honoré lors du Festival du film d’El Gouna en 2018, témoignant de la reconnaissance de son apport au cinéma arabe.
