Publié le 28 novembre 2025 à 02:57:00. Alors que les efforts de médiation américains pour mettre fin à la guerre en Ukraine progressent, le président russe Vladimir Poutine a indiqué que les propositions américaines pourraient servir de base à un cessez-le-feu, tout en réaffirmant les conditions russes pour une paix durable.
- Le plan de paix américain en 28 points, récemment divulgué, suscite des inquiétudes en Ukraine et en Europe, perçu comme potentiellement favorable à la Russie.
- Vladimir Poutine a déclaré que la Russie a reçu ce plan divisé en quatre catégories et qu’elle y voit une base possible pour de futurs accords, tout en soulignant la nécessité de prendre en compte les préoccupations russes.
- Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé de nouvelles discussions avec les États-Unis cette semaine pour affiner les propositions de Genève.
Les négociations indirectes pour une résolution du conflit ukrainien s’intensifient. Malgré les déclarations initiales de Donald Trump sur sa volonté de mettre fin à la guerre, les efforts de médiation, y compris une rencontre en Alaska en août, n’ont jusqu’à présent pas abouti à une percée. La publication la semaine dernière du plan de paix américain, composé de 28 points, a immédiatement soulevé des critiques, notamment en Ukraine et en Europe, où il est considéré comme accordant des concessions significatives à la Russie.
Parmi les points de friction, on retrouve les exigences concernant le contrôle territorial ukrainien – avec une possible cession de 20 % du territoire à la Russie – et une réduction drastique de la taille de l’armée ukrainienne. Face à ces préoccupations, plusieurs nations européennes ont présenté leurs propres propositions de paix. Les États-Unis et l’Ukraine ont, quant à eux, annoncé avoir élaboré un « cadre de paix révisé » lors d’une réunion à Genève en début de semaine.
Vladimir Poutine a commenté ces développements après une rencontre avec les dirigeants des anciens pays soviétiques à Bichkek, au Kirghizistan. Il a précisé que les discussions actuelles ne constituaient pas des négociations formelles sur un projet d’accord, mais plutôt un échange sur diverses questions. Il a toutefois reconnu que la Russie avait reçu une version du plan américain, divisée en quatre catégories, et qu’elle y voyait un potentiel de base pour de futurs accords.
« Du côté américain, la position russe était également prise en compte. »
Vladimir Poutine, président russe
Poutine a souligné que certaines questions nécessitent encore des clarifications. Il a affirmé que la Russie est prête à garantir à l’Europe qu’elle n’attaquera pas, tout en jugeant « absurdes » les accusations selon lesquelles la Russie aurait des plans d’invasion contre l’Europe. Il a également réitéré la position russe selon laquelle un cessez-le-feu ne pourra être envisagé qu’après le retrait des forces ukrainiennes des territoires qu’elles contrôlent.
Le président russe a également exprimé des doutes quant à la légitimité du gouvernement ukrainien actuel, estimant qu’il n’est pas en mesure de signer légalement un accord de paix. Il a insisté sur la nécessité d’une approbation internationale de tout accord et d’une reconnaissance du contrôle russe sur les territoires occupés. Poutine a également mentionné une prochaine visite à Moscou de Steve Witkoff, un envoyé spécial de Donald Trump.
Concernant les sanctions américaines contre le pétrole russe, Poutine les a qualifiées d’« inattendues ». Il a par ailleurs nié les allégations selon lesquelles Witkoff serait partial en faveur de la Russie dans les négociations de paix, les jugeant « absurdes ».
Volodymyr Zelensky a annoncé hier que les délégations ukrainienne et américaine se réuniront cette semaine pour élaborer les lignes directrices discutées à Genève, dans le but de parvenir à un accord de paix et d’assurer la sécurité de l’Ukraine. D’autres négociations sont prévues la semaine prochaine, avec la participation du président Zelensky lui-même.
À ce jour, l’armée russe contrôle plus de 19 % du territoire ukrainien, soit environ 115 600 kilomètres carrés, ayant réalisé les plus importants gains territoriaux depuis le début de l’invasion en 2022.
