Publié le 2025-10-16 21:43:00. L’épidémie de dengue sévit à Cuba, avec une recrudescence des cas graves et un décès récent dans la province de Matanzas. Un médecin cubain alerte sur le danger accru des réinfections et dénonce le manque de moyens du système de santé, tandis que le gouvernement propose des solutions jugées inadaptées par la population.
- La dengue est plus dangereuse à Cuba en raison de la circulation simultanée de plusieurs souches virales, augmentant le risque de complications graves en cas de réinfection.
- Un jeune homme de Cárdenas, Matanzas, est décédé de la dengue hémorragique, suscitant l’inquiétude dans la province.
- Face à la crise, le gouvernement cubain est critiqué pour ses solutions jugées déconnectées des réalités du terrain, comme la recommandation de brûler des écorces d’agrumes pour éloigner les moustiques.
La situation épidémiologique actuelle à Cuba est préoccupante. Le Dr. Lázaro Elieser Leyva García, spécialiste en médecine interne et formé en Espagne, met en garde contre un risque accru de complications liées à la dengue, en particulier chez les personnes ayant déjà contracté la maladie. Selon lui, la circulation simultanée des quatre souches du virus – DEN-1, DEN-2, DEN-3 et DEN-4 – rend les réinfections plus dangereuses.
« Le corps génère uniquement une immunité contre la souche qui l’a infecté », explique le Dr. Leyva, qui partage ses analyses sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme de Lázaro E. Libre. Il souligne que le système immunitaire peut se « confondre » face à une nouvelle souche, facilitant ainsi la multiplication du virus au lieu de le combattre.
« Le corps croit faire face au même ennemi, mais il a tort. Au lieu de nous protéger, il aide le virus à se propager. C’est alors que des formes graves ou hémorragiques de la dengue peuvent apparaître. »
Dr. Lázaro Elieser Leyva García, spécialiste en médecine interne
Le Dr. Leyva, ancien membre de la commission des maladies infectieuses de l’hôpital Arnaldo Milián Castro de Villa Clara, rappelle que plusieurs souches circulent en même temps à Cuba, ce qui augmente considérablement le risque de développer une dengue hémorragique, potentiellement mortelle. Il insiste sur le fait que la prévention reste la meilleure stratégie, en l’absence d’un vaccin efficace et accessible.
Il recommande vivement d’éliminer les foyers de reproduction du moustique Aedes aegypti, d’utiliser une protection physique contre les piqûres et de consulter un médecin en cas de fièvre, surtout si la personne a déjà eu la dengue. Il met également en garde contre l’automédication avec de l’aspirine ou de l’ibuprofène, qui peuvent aggraver les hémorragies internes. « En cas de suspicion de dengue, ces médicaments sont très dangereux car ils interfèrent avec la coagulation. L’option sûre est le paracétamol, toujours sous indication médicale », précise-t-il.
La dengue n’est pas la seule maladie transmise par les moustiques à inquiéter les autorités sanitaires cubaines. Le chikungunya et le virus Oropouche sont également présents sur l’île, contribuant à une crise des « arbovirus combinés ».
Parallèlement aux recommandations médicales, la gestion de la crise par le gouvernement cubain suscite la controverse. Alors que la population subit des coupures d’électricité pouvant atteindre 20 heures par jour, et que les répulsifs sont vendus en dollars américains, la vice-ministre de la Santé publique, Carilda Peña, a recommandé de « brûler des écorces d’agrumes » comme méthode traditionnelle pour éloigner les moustiques. Cette proposition a été largement critiquée comme étant déconnectée des réalités vécues par les Cubains.
Le Dr. Leyva conclut son message par un appel à la responsabilité individuelle et collective : « La dengue hémorragique n’apparaît pas par hasard, elle est une conséquence d’une réinfection par une autre souche. Il ne s’agit pas d’alarmisme, mais de connaissance. Car seuls ceux qui comprennent le risque peuvent le prévenir. La prévention n’est pas une alarme, c’est l’amour de soi et la responsabilité face à la vie. »
Pourquoi la dengue à Cuba est-elle actuellement plus dangereuse ?
La dengue est actuellement plus dangereuse à Cuba en raison de la circulation simultanée de plusieurs souches du virus. Cela augmente le risque de réinfection, pouvant entraîner des formes graves ou hémorragiques de la maladie. Le manque d’immunité contre toutes les souches et un système de santé affaibli contribuent également à ce danger accru.
Quelles sont les recommandations pour prévenir la dengue à Cuba ?
Les principales recommandations pour prévenir la dengue comprennent l’élimination des sites de reproduction du moustique Aedes aegypti et l’utilisation d’une protection physique. Il est également important d’aller chez le médecin si vous avez de la fièvre et d’éviter l’automédication avec de l’aspirine ou de l’ibuprofène, car ils peuvent aggraver les hémorragies internes.
Quel rôle le système de santé cubain joue-t-il dans la crise de la dengue ?
Le système de santé cubain est confronté à de graves limitations qui aggravent la crise de la dengue. La pénurie de médicaments, l’absence de contrôle efficace du moustique Aedes aegypti et les problèmes d’accès à l’eau potable sont des facteurs qui rendent difficile une gestion efficace de la maladie.
Quelles autres maladies transmises par les moustiques affectent Cuba, outre la dengue ?
Outre la dengue, Cuba est confrontée à la circulation du chikungunya et du virus Oropouche. Ces virus, ainsi que la dengue, provoquent une crise des « arbovirus combinés », compliquant encore davantage la situation épidémiologique du pays.
