Home SantéLe MINSAP rapporte le nombre “officiel” de décès cubains dus à la dengue et met à jour la situation épidémiologique du pays

Le MINSAP rapporte le nombre “officiel” de décès cubains dus à la dengue et met à jour la situation épidémiologique du pays

by Sophie Martin

Publié le 15 octobre 2025 17h15. Après des semaines de démentis et d’opacité, le ministère cubain de la Santé publique a finalement reconnu la mort de trois personnes des suites de la dengue en 2025, révélant une situation épidémiologique plus préoccupante qu’admit officiellement La Havane.

  • Le ministère de la Santé publique (MINSAP) a confirmé trois décès dus à la dengue cette année.
  • Trois arbovirus – dengue, chikungunya et fièvre Oropouche – sont actuellement en circulation à Cuba.
  • La reconnaissance de ces décès intervient après des déclarations contradictoires de responsables gouvernementaux minimisant la gravité de la situation.

La reconnaissance officielle de ces trois décès dus à la dengue marque un revirement notable dans la communication du gouvernement cubain. Jusqu’à présent, les autorités sanitaires avaient maintenu un silence prudent, voire nié l’existence de décès liés aux arbovirus, malgré des rapports citoyens et des informations médicales suggérant une situation plus alarmante, notamment dans la province de Matanzas.

La vice-ministre de la Santé publique, la Dre Carilda Peña García, a confirmé l’information lors d’une intervention devant les médias officiels, en présentant un état des lieux de la circulation des maladies virales transmises par des vecteurs dans le pays. Selon elle, les trois décès ont été établis sur la base d’études nécrologiques et de diagnostics cliniques.

Toutefois, ni la vice-ministre, ni les médias ayant relayé ses déclarations n’ont divulgué d’informations concernant l’âge, la province d’origine ou l’état clinique des victimes, alimentant ainsi une inquiétude quant au manque de transparence dans la gestion de cette crise sanitaire.

Propagation de la dengue, du chikungunya et de la fièvre Oropouche

La Dre Peña García a précisé que trois arbovirus sont actuellement actifs à Cuba : la dengue, le chikungunya et la fièvre Oropouche. La dengue est présente dans 12 des 15 provinces du pays, tandis que le chikungunya se transmet dans au moins huit provinces.

Les premiers cas de chikungunya ont été détectés en juillet dans la municipalité de Perico, dans la province de Matanzas, mais la maladie s’est rapidement propagée à d’autres territoires. La fièvre Oropouche, quant à elle, semble être en phase de déclin.

Les symptômes communs à ces trois maladies incluent de la fièvre, des maux de tête, un malaise général et des douleurs articulaires. La Dre Peña García a souligné que le chikungunya pouvait entraîner des douleurs chroniques pouvant persister jusqu’à 90 jours, mais que les cas les plus graves et critiques sont associés à la dengue.

Des ressources limitées et un protocole de soins contesté

Concernant la prise en charge des patients, la vice-ministre a indiqué que l’hospitalisation serait réservée aux personnes présentant des comorbidités, les autres patients pouvant être soignés à domicile. Cette mesure, bien que présentée comme une solution pour désengorger les hôpitaux, suscite des inquiétudes quant au manque de surveillance médicale et de ressources pour les patients isolés à leur domicile.

La Dre Peña García a également mis en garde contre les facteurs favorisant la prolifération des moustiques, tels que la détérioration de l’hygiène publique et l’augmentation des précipitations. Elle a souligné que les ressources disponibles pour la fumigation et la lutte anti-vectorielle étaient allouées en priorité aux zones où la transmission du virus était avérée, ce qui suggère une limitation des moyens et un impact négatif sur les zones non prioritaires.

Un récit officiel remis en question

L’annonce de ces trois décès survient après plusieurs semaines de contradictions dans les déclarations officielles. Le 8 octobre dernier, le Dr. Francisco Durán García, directeur national de l’épidémiologie, avait catégoriquement nié l’existence de décès liés aux arbovirus, qualifiant de fausses les informations faisant état de « 11 morts en une nuit » à Matanzas.

Le lendemain, le ministre de la Santé publique, José Ángel Portal Miranda, affirmait lors d’une réunion avec les autorités du Parti communiste que « il n’y a aucun décès à Matanzas à cause de cette maladie. Il n’y a ni cas graves ni critiques », ajoutant que

« Personne ne peut cacher une épidémie, pas même les morts. »

José Ángel Portal Miranda, ministre de la Santé publique

La révélation d’aujourd’hui, bien que ne concernant pas directement la province de Matanzas, remet en question la transparence des autorités et renforce la perception d’une politique d’information axée sur le contrôle narratif plutôt que sur la vérité sanitaire.

Autres maladies en circulation

Outre les arbovirus, la vice-ministre a également fait état de la circulation de virus respiratoires saisonniers et d’épidémies d’hépatite A dans des populations confinées, sans fournir de détails supplémentaires.

Elle a enfin insisté sur l’importance de consulter un médecin dès l’apparition de symptômes de fièvre non spécifiques, mais a reconnu que les longues files d’attente, le manque de réactifs et le refus d’hospitaliser certains patients constituaient des obstacles à l’accès aux soins.

Combien de personnes sont officiellement mortes de la dengue à Cuba en 2025 ?

Le Ministère de la Santé Publique de Cuba a reconnu le décès de trois personnes dû à la dengue jusqu’à présent en 2025. Ce chiffre est la première reconnaissance officielle de décès dus aux arbovirus cette année, après des semaines de silence institutionnel et de déni public.

Quels arbovirus circulent actuellement à Cuba ?

Trois arbovirus circulent actuellement à Cuba : la dengue, le chikungunya et la fièvre Oropouche. La dengue est présente dans 12 provinces, le chikungunya dans au moins cinq provinces et Oropouche est en phase de déclin.

Quelles mesures le gouvernement cubain prend-il pour contrôler l’épidémie d’arbovirus ?

Le gouvernement cubain a mis en place l’admission à domicile pour les patients sans comorbidités et réserve l’hospitalisation aux cas présentant d’autres pathologies. Cependant, des inquiétudes subsistent en raison du manque de suivi adéquat et de ressources médicales pour les patients à domicile. De plus, les ressources consacrées à la fumigation et à la lutte anti-vectorielle sont limitées, ce qui affecte négativement les zones non prioritaires.

Pourquoi critique-t-on la transparence du gouvernement cubain dans sa gestion de la crise de la dengue ?

Il y a des critiques en raison des contradictions et du manque de détails dans les déclarations officielles sur la situation de la dengue. Auparavant, les autorités avaient nié les décès dus aux arbovirus, tandis que les rapports citoyens et médicaux suggèrent un scénario plus grave que celui admis par le gouvernement, ce qui renforce la perception d’une politique d’information basée sur le contrôle narratif plutôt que sur la vérité sanitaire.

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