Publié le 2025-11-22 07:11:00. Des chercheurs ont mis au point une nouvelle approche thérapeutique prometteuse pour les maladies inflammatoires de l’intestin (MII), en utilisant des nanoparticules pour améliorer l’efficacité d’une bactérie bénéfique, Lactobacillus rhamnosus. Cette stratégie pourrait offrir une alternative plus sûre et plus performante aux traitements actuels comme les probiotiques et la transplantation de microbiote fécal.
- Une nouvelle formulation, combinant des vésicules extracellulaires bactériennes (BEV) et des nanoparticules lipidiques (LNP), cible plus efficacement la bactérie Lactobacillus rhamnosus.
- Cette approche améliore la stabilité des nanoparticules dans l’environnement gastro-intestinal et favorise leur action bénéfique sur la flore intestinale.
- Combinée à l’acide 5-aminosalicylique, cette formulation a démontré une réduction significative de l’inflammation et une restauration de la barrière épithéliale dans des modèles de colite.
Les maladies inflammatoires de l’intestin, qui regroupent notamment la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, affectent des millions de personnes à travers le monde. Les traitements actuels, bien que souvent efficaces, présentent des limites en termes de sécurité et d’efficacité à long terme. La modulation du microbiote intestinal, l’ensemble des micro-organismes présents dans nos intestins, est donc devenue une piste thérapeutique de plus en plus explorée.
L’équipe de recherche a concentré ses efforts sur Lactobacillus rhamnosus (LGG), une bactérie commensale reconnue pour ses propriétés bénéfiques. Pour optimiser son action, ils ont développé une technique innovante consistant à charger des nanoparticules biomimétiques avec des microARN, des petites molécules jouant un rôle clé dans la régulation de l’expression des gènes. Ces nanoparticules sont ensuite encapsulées dans des vésicules extracellulaires bactériennes (BEV) dérivées de LGG, elles-mêmes associées à des nanoparticules lipidiques (LNP).
Les résultats des études in vitro et in vivo sont encourageants. Les BEV-LNP se sont avérées plus stables dans les fluides physiologiques simulés et dans l’environnement gastro-intestinal que les LNP conventionnelles. De plus, elles présentent une meilleure capacité à cibler spécifiquement LGG, minimisant ainsi les interactions avec d’autres bactéries, comme Escherichia coli. Lorsqu’elle est associée à l’acide 5-aminosalicylique, un médicament couramment utilisé dans le traitement de la colite, la formulation BEV-LNP a permis d’améliorer significativement les résultats dans des modèles animaux de colite aiguë et chronique, en réduisant l’inflammation, en restaurant l’intégrité de la barrière épithéliale intestinale et en favorisant un équilibre microbien sain.
Cette étude ouvre la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques pour le traitement de la colite et, potentiellement, d’autres maladies inflammatoires de l’intestin. Les chercheurs soulignent que cette approche, basée sur l’utilisation de nanoparticules chargées de microARN, pourrait offrir une alternative plus ciblée et plus efficace aux traitements existants.
