Publié le 28 octobre 2025 00:20:00. Dix personnes, dont un médium et un publicitaire, sont jugées à Paris pour harcèlement ciblé contre Brigitte Macron, à travers la diffusion de fausses allégations concernant son identité de genre.
- Le procès se déroule deux jours avant l’ouverture du Tribunal correctionnel de Paris, sans la présence de la Première dame.
- Les accusés sont soupçonnés d’avoir propagé des rumeurs infondées sur le « genre » et la « sexualité » de Brigitte Macron.
- L’affaire s’inscrit dans un contexte plus large de désinformation et d’attaques personnelles visant les personnalités publiques.
Le procès s’est ouvert ce lundi à Paris. Parmi les prévenus figurent des profils variés : un enseignant, un galeriste, un élu local, un publicitaire et un « médium » connu pour ses théories complotistes. Ils sont accusés d’avoir orchestré une campagne de harcèlement en ligne contre Brigitte Macron, en diffusant des fausses informations sur son identité.
Certains accusés ont affirmé que l’épouse d’Emmanuel Macron serait en réalité un homme né, répondant au nom de « Jean-Michel Trogneux », le nom de son frère aîné. D’autres ont cherché à suggérer une connotation pédophile à la relation entre le couple présidentiel, en raison de leur différence d’âge (24 ans) et de leur première rencontre, lorsque Brigitte Macron était professeure d’Emmanuel Macron dans un lycée d’Amiens.
La plainte de Brigitte Macron, déposée en août 2024, a conduit à une enquête pour cyberharcèlement sexiste et antisocial, un délit passible de deux ans de prison et d’amendes en France. Sept des dix accusés ont comparu à la première audience. Trois, dont la journaliste indépendante Natacha Rey, présentée comme l’auteure originale de la rumeur, étaient absents.
Une autre prévenue, Delphine J., 51 ans, se présentant en ligne sous le pseudonyme « Amandine Roy » et se décrivant comme « médium et journaliste », avait déjà été reconnue coupable de diffamation en 2024, avant d’être acquittée en appel en juillet dernier. Brigitte Macron et sa famille ont fait appel de cette décision. Le publicitaire Aurélien Poirson-Atlan, 41 ans, connu sous le pseudonyme « Zoé Sagan », est également accusé. Son avocat principal, Juan Branco, n’a pu le représenter en raison d’une suspension de son autorisation d’exercer pour une autre affaire judiciaire.
Dès la première journée, les avocats de la défense ont tenté à plusieurs reprises de reporter le procès, invoquant un manque de temps pour examiner l’ensemble du dossier, notamment la documentation médicale et psychologique relative aux conséquences du harcèlement sur la santé de Brigitte Macron. Ces demandes ont été rejetées par le tribunal.
Les accusés ont plaidé leur innocence, affirmant être victimes d’un « retournement de harcèlement » de la part des médias et estimant que leurs publications relevaient de la liberté d’expression.
« La presse nous présente comme des théoriciens du complot, des antisémites et d’extrême droite. Qui est réellement harcelé ? »
Un des accusés, à l’agence AFP
Le parquet de Paris soutient que les messages diffusés sur les réseaux sociaux présentaient un « caractère répété, malveillant et sexiste » et ont causé une « grave détérioration de la santé physique et mentale » de la victime. L’affaire intervient dans un contexte de multiplication des campagnes de désinformation et des attaques personnelles visant les personnalités publiques en France.
La rumeur concernant la prétendue identité masculine de Brigitte Macron circule depuis l’élection d’Emmanuel Macron en 2017 et a été amplifiée pendant la pandémie de Covid-19 par les réseaux complotistes et les groupes d’extrême droite. L’enquête a révélé que la diffusion de fausses nouvelles avait débuté avec Natacha Rey début 2021, avant d’être amplifiée par Amandine Roy et Xavier Poussard, collaborateur d’une publication d’extrême droite antisémite, “Faits et Documents”.
Ce dernier n’est pas accusé dans cette affaire, mais aurait joué un rôle clé dans la diffusion internationale de la théorie en contactant l’influenceuse américaine Candace Owens en 2024. Owens, proche de l’ancien président Donald Trump et du mouvement « Make America Great Again » (MAGA), a repris la rumeur dans une série de vidéos intitulées « Becoming Brigitte », affirmant que la Première dame française était en réalité un homme ayant subi une transformation. La diffusion de ces contenus auprès de ses millions d’abonnés a conduit les Macron à engager une procédure parallèle pour diffamation aux États-Unis, déposée en juillet dernier.
L’équipe juridique du couple présidentiel a annoncé son intention de présenter des « preuves scientifiques » dans le cadre de cette procédure afin de réfuter définitivement ces allégations. Candace Owens est accusée de « soumettre les Macron à une campagne d’humiliation mondiale basée sur des mensonges à des fins lucratives ».
