Publié le 30 décembre 2025 à 21h08. Une escalade majeure s’est produite au Yémen, marquée par des accusations mutuelles entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, et aboutissant à un ultimatum de 24 heures pour le retrait des forces émiraties du pays.
- L’Arabie saoudite accuse les Émirats de soutenir des forces qui menacent sa sécurité frontalière.
- Les Émirats arabes unis ont annoncé la fin de leurs opérations de lutte contre le terrorisme au Yémen.
- Le Conseil de commandement présidentiel yéménite a annulé un accord de défense commune avec les Émirats.
Une opération militaire limitée a été menée par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite dans le port de Moukalla, afin de sécuriser une cargaison d’armes arrivée par deux navires en provenance des Émirats arabes unis. Selon le porte-parole de la coalition, le général de division Turki Al-Maliki, cette intervention visait à empêcher la distribution de ces armes dans des zones de conflit.
Le général Al-Maliki a expliqué que, après avoir constaté l’arrivée de plus de 80 véhicules et de nombreux conteneurs remplis d’armes et de munitions, les autorités émiraties avaient été informées de la nécessité d’empêcher le transfert de ce matériel. Malgré cela, la cargaison avait été transférée à la base d’Al-Rayyan, une installation comptant seulement une dizaine de membres du personnel émirati, ainsi que des forces impliquées dans l’escalade du conflit.
« Malgré ce dont ils ont été informés, la partie fraternelle émiratie – sans en informer le Royaume – a transféré les véhicules et les conteneurs à la base d’Al-Rayyan », a déclaré Al-Maliki dans une série de messages publiés sur les réseaux sociaux. Il a précisé que les dirigeants de la coalition avaient ensuite reçu des informations confirmant que ces armes et véhicules seraient distribués dans la vallée et le désert de l’Hadramaout, ce qui aurait entraîné une aggravation de la situation.
L’Arabie saoudite a accusé les Émirats arabes unis d’inciter les forces du Conseil de transition du Sud à mener des opérations militaires à la frontière sud du Royaume, dans les gouvernorats de Hadramaout et d’Al-Mahra. Hadramaout et Al-Mahra sont deux gouvernorats yéménites situés à la frontière avec l’Arabie saoudite.
Le ministère saoudien des Affaires étrangères a souligné que la sécurité nationale constituait une ligne rouge et que le Royaume prendrait toutes les mesures nécessaires pour faire face à toute menace, en particulier à sa frontière sud. En réponse, le ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis a nié les accusations, exprimant sa préoccupation pour la sécurité de l’Arabie saoudite.
Parallèlement, le Conseil de commandement présidentiel yéménite, dirigé par Rashad Al-Alimi, a annoncé l’annulation de l’accord de défense commune avec les Émirats arabes unis, et a ordonné le retrait de toutes les forces émiraties du Yémen dans un délai de 24 heures.
Le ministère de la Défense des Émirats arabes unis a quant à lui annoncé la fin des missions des équipes restantes engagées dans la lutte contre le terrorisme au Yémen. Cependant, l’Arabie saoudite a maintenu son ultimatum, exigeant le retrait complet des forces émiraties dans les 24 heures, comme l’a confirmé un communiqué du Conseil des ministres.

