Publié le 15 décembre 2025 à 02h25. Au Japon, la multiplication des incursions d’ours dans les zones habitées a conduit à l’élection du mot « ours » comme symbole de l’année 2025, un avertissement alarmant sur l’impact croissant du changement climatique sur la faune et, par extension, sur la vie humaine.
- Le changement climatique, notamment les vagues de chaleur et les pluies intenses, perturbe les sources de nourriture traditionnelles des ours, les poussant à s’approcher des habitations humaines.
- Des phénomènes similaires sont observés à travers le monde, affectant les éléphants en Afrique, les ours polaires dans l’Arctique et les grizzlis en Amérique du Nord.
- La crise climatique menace l’équilibre écologique mondial et met en évidence la nécessité d’une action urgente.
Les chercheurs japonais soulignent que l’augmentation du nombre d’observations d’ours ne s’explique pas uniquement par une croissance de la population ursine, mais surtout par une véritable crise de subsistance, directement liée au réchauffement climatique. Le professeur Takeshi Izumi, expert en écologie, explique que des conditions météorologiques extrêmes, telles que les vagues de chaleur printanières et les pluies diluviennes, perturbent le cycle de fructification des glands, principale source de nourriture de l’ours noir d’Asie.
La hausse des températures et les régimes de précipitations imprévisibles entraînent une diminution rapide de la production naturelle de nourriture. Privés de leurs ressources habituelles, les ours sont contraints de suivre les odeurs de nourriture humaine pour survivre. De plus, le réchauffement climatique modifie le cycle d’hibernation des ours, qui hibernent moins longtemps ou se réveillent plus tôt, les obligeant à chercher de la nourriture pendant une période où celle-ci est particulièrement rare.
Ce phénomène japonais n’est pas isolé. Partout dans le monde, les animaux sauvages montrent des signes de détresse et d’adaptation forcée. En Europe et en Amérique du Nord, les grizzlis et les ours noirs se montrent de plus en plus fréquemment dans les zones urbaines et les décharges, victimes des feux de forêt, des sécheresses et des vagues de chaleur qui ont ravagé leurs habitats et réduit leurs sources de nourriture. Des hivers plus courts les incitent également à sortir d’hibernation plus tôt, confrontés à une pénurie alimentaire.
En Afrique, l’invasion des terres agricoles par les éléphants de forêt est en constante augmentation, en raison de la prolongation des périodes de sécheresse qui réduisent les sources d’eau et l’herbe dans les parcs nationaux. Les éléphants sont alors contraints de s’aventurer plus loin à la recherche d’eau et de nourriture.
Dans l’est de l’Afrique et la région subarctique, les ours polaires sont confrontés à une crise encore plus grave. La fonte accélérée de la banquise, leur principal terrain de chasse pour les phoques, les oblige à nager sur de plus longues distances et pendant de plus longues périodes, entraînant malnutrition et baisse alarmante des taux de survie.
La crise climatique ne touche pas une seule espèce ou une seule région. Elle détruit les écosystèmes et menace la vie humaine, comme le montrent les inondations et autres catastrophes naturelles. Elle a complètement déséquilibré l’équilibre écologique.
L’émergence des « ours » au Japon est un signal d’alarme. Ces animaux implorent de survivre à des conditions qu’ils n’ont pas créées. Le réchauffement climatique étant principalement dû aux activités humaines, il est impératif de prendre conscience de l’ampleur de la crise et d’agir en conséquence.
La désignation du mot « ours » comme mot de l’année 2025 au Japon est un message clair à la société : la crise climatique est plus grave qu’il n’y paraît et exige une prise de conscience et une action immédiates. C’est un indicateur de défaillance dans notre prise en charge de l’environnement, un avertissement de la nature que si nous ne résolvons pas le problème du réchauffement climatique à temps, les conflits écologiques qui existaient autrefois dans les forêts profondes deviendront une réalité à nos portes.
En Thaïlande également, les animaux sont touchés par le réchauffement climatique. La crise de blanchissement des coraux, causée par l’augmentation de la température de la mer, a provoqué des dégâts considérables dans de nombreuses zones de la mer de Thaïlande. La mort des coraux perturbe l’équilibre de l’écosystème marin et affecte les sources de nourriture et les habitats des dugongs et des baleines de Bryde, des espèces protégées.
Les mammifères marins, comme le dugong, sont également confrontés à une diminution de leurs réserves alimentaires en raison de la hausse des températures et de l’acidification des eaux océaniques, qui affectent la croissance des herbiers marins.

