La Havane, 1er janvier 2026 – L’Association culturelle yoruba de Cuba a dévoilé ce matin sa Lettre de l’Année 2026, un événement annuel majeur pour les adeptes des religions afro-cubaines, qui offre des prédictions et des conseils spirituels pour le cycle à venir. Cette tradition, ancrée dans l’oracle d’Ifá, guide les croyants à travers les défis et les opportunités de l’année.
- La Lettre de l’Année 2026 a été présentée lors d’une conférence de presse à La Havane à 11h00.
- Ce rituel religieux d’origine yoruba révèle des prédictions, des recommandations et des avertissements spirituels pour l’année à venir.
- La cérémonie est suivie de près par les pratiquants de la Santeria et de la Règle d’Ifá, à Cuba et dans la diaspora cubaine.
La Lettre de l’Année, dont la publication est attendue chaque 1er janvier, est une tradition profondément enracinée dans la religion yoruba. Selon l’oracle d’Ifá, elle offre un aperçu des tendances spirituelles, des défis potentiels et des conseils pour naviguer dans le nouveau cycle. Les messages abordent généralement des thèmes tels que la santé, la coexistence sociale, la moralité et le bien-être général, servant de boussole spirituelle pour de nombreux Cubains et membres de la diaspora.
La cérémonie de présentation de la Lettre de l’Année est considérée comme l’un des événements les plus importants du calendrier religieux afro-cubain. Elle attire l’attention des pratiquants de la Santeria et de la Règle d’Ifá, tant sur l’île qu’à l’étranger. Fin décembre 2025, une cérémonie de pré-ouverture avait déjà anticipé les tensions et les espoirs liés à ce nouveau cycle, les prêtres afro-cubains se préparant à révéler les prophéties. À cette occasion, ils avaient souligné la nécessité de la prudence et de l’harmonie sociale.
L’année précédente, le prêtre Lázaro Cuesta avait insisté sur l’importance d’interpréter les révélations d’Ifá avec responsabilité spirituelle.
« Les prédictions peuvent vous mettre mal à l’aise, mais notre responsabilité est de les dire. »
Lázaro Cuesta, prêtre yoruba
Il avait souligné le rôle moral des prêtres yoruba en tant que guides au sein de la société cubaine. La Lettre de l’Année 2025 avait notamment mis en garde contre les conflits internes et les déséquilibres émotionnels, ouvrant la voie à de nouvelles consultations.
L’Association culturelle yoruba de Cuba, responsable de la publication officielle de la Lettre de l’Année, joue un rôle central dans la préservation de ces traditions religieuses. En novembre 2023, elle avait organisé un tambour dédié à Inguiré, l’oricha symbolisant la force volcanique et le pouvoir de transformation, lors des festivités de San Cristóbal de La Habana. L’association avait également encouragé des célébrations dédiées à Obbatalá et la Vierge de Las Mercedes, illustrant le syncrétisme profond entre le catholicisme et les religions afro-cubaines.
Ces pratiques continuent d’inspirer les expressions culturelles et artistiques, tant à Cuba qu’à l’étranger. En mars 2025, la danseuse cubaine Ismaray Chacon, fille d’Oshún, rappelait que cette divinité pouvait se manifester avec douceur ou sévérité, selon les besoins du moment spirituel. Son témoignage souligne la vitalité de l’héritage yoruba dans l’identité cubaine contemporaine, un héritage qui relie les nouvelles générations à la sagesse ancestrale d’Ifá. De même, l’artiste regretté Le Taiger avait exprimé sa foi dans les signes d’Ifá, témoignant de la manière dont la spiritualité yoruba transcende les temples et imprègne la culture populaire.
