Publié le 5 mars 2026. Un jeune étudiant irlandais a plaidé coupable devant le tribunal de district de Kinsale pour avoir involontairement facilité une fraude par SMS en mettant son compte Revolut à disposition d’inconnus, une affaire qui met en lumière la vulnérabilité des services de paiement en ligne face aux arnaques.
- Emmanuel Okoye, 22 ans, a reconnu avoir commis une infraction relevant de la loi de 2001 sur la justice pénale (vol et fraude).
- Il a permis à des tiers de déposer 4 600 € (environ 4 300 €) provenant d’une escroquerie ciblant une femme qui a divulgué ses informations bancaires suite à un SMS frauduleux.
- Le tribunal a ajourné l’affaire pour permettre la réalisation d’un rapport de probation avant le prononcé de la peine.
L’affaire a débuté en mars 2024 lorsqu’une femme a signalé à sa banque avoir été victime d’une fraude. Elle avait reçu un message texte se faisant passer pour An Post, le service postal irlandais, et avait cliqué sur un lien malveillant. Peu après, elle a été contactée par un individu se présentant comme un employé de la banque Permanent TSB, qui l’a incitée à révéler des informations personnelles. Résultat : 4 600 € ont été dérobés sur son compte en deux transactions distinctes de 2 300 € chacune. Sa banque a remboursé la victime et a alerté la Gardai, la police irlandaise.
L’enquête a rapidement révélé que les fonds frauduleux avaient été versés sur le compte Revolut d’Emmanuel Okoye, un étudiant en développement de logiciels à l’Université technologique de l’Atlantique à Galway. Interrogé, Okoye a déclaré avoir partagé ses identifiants Revolut avec une personne rencontrée à l’université, qui lui avait proposé 1 000 € (environ 940 €) en échange de l’utilisation de son compte “pendant quelques jours”, à condition qu’il n’y accède pas pendant cette période. Il n’a jamais reçu la somme promise.
Me Myra Dinneen, l’avocate de la défense, a plaidé la naïveté de son client, soulignant qu’il travaillait à temps partiel dans une usine pharmaceutique et dans une maison de retraite pour financer ses études, sans bénéficier d’aide financière de ses parents ou de l’État.
« Il n’a rien obtenu. C’était l’imbécile, l’idiot dans tout cela. »
Myra Dinneen, avocate de la défense
La juge Joanne Carroll a toutefois exprimé de sérieux doutes quant à l’innocence d’Okoye, estimant qu’il avait agi avec une certaine connaissance des risques.
« Au mieux, il a aidé et encouragé d’autres personnes à frauder au moins une personne. Si le compte avait été utilisé pendant quelques jours, il aurait pu s’agir d’un nombre incalculable de personnes. »
Joanne Carroll, juge
Elle a cependant accepté d’envisager un rapport de probation, compte tenu de la jeunesse de l’accusé et de l’absence d’antécédents judiciaires, tout en précisant que l’aveu tardif ne lui conférait aucun avantage.
« Soit vous avez un prix, soit vous n’en avez pas, et cet homme avait un prix. »
Joanne Carroll, juge
L’affaire a été ajournée au 5 mars 2026 pour permettre la finalisation du rapport de probation, laissant entendre que la peine pourrait être déterminée en fonction des conclusions de ce dernier.

