Publié le 13 novembre 2025 à 22h05. L’armée russe déploie de nouveaux drones à fibre optique, plus difficiles à contrer par la guerre électronique, pour perturber la logistique des forces ukrainiennes, une évolution qui pousse Kiev à développer des contre-mesures.
- La Russie utilise désormais des drones à fibre optique d’une portée de 50 km, supérieure à celle des modèles connus.
- Ces drones, protégés des brouillages, ciblent les lignes d’approvisionnement ukrainiennes.
- L’Ukraine travaille sur des technologies pour intercepter ces drones et développe des drones autonomes en réponse.
Les forces russes ont commencé à utiliser des drones de nouvelle génération, équipés de câbles en fibre optique, pour contourner les systèmes de brouillage électronique et menacer les arrières de l’armée ukrainienne. Cette évolution, signalée par le ministère ukrainien de la Transformation numérique, représente un défi croissant pour Kiev, qui s’efforce de maintenir ses lignes d’approvisionnement.
Mikhaïl Fedorov, premier vice-Premier ministre ukrainien et ministre de la Transformation numérique, a souligné l’impact de cette nouvelle technologie :
« Cela affecte réellement notre logistique. »
Mikhaïl Fedorov, premier vice-Premier ministre ukrainien et ministre de la Transformation numérique
Il a précisé que l’Ukraine travaille activement sur des solutions pour contrer cette menace et teste différentes approches avec plusieurs unités militaires.
Jusqu’à présent, les drones de type FPV (First Person View) étaient principalement contrôlés via des canaux de communication radiofréquence, facilement perturbables. Les drones à fibre optique, en revanche, utilisent un câble fin qui assure une connexion stable entre le drone et son opérateur, les rendant beaucoup plus résistants à la guerre électronique. L’interception de ces appareils nécessite donc une vigilance accrue et une grande précision, souvent réduite à une tentative de tir direct.
Selon les experts, la portée habituelle des drones à fibre optique se situe entre 15 et 25 km. L’Institut pour l’étude de la guerre a récemment fait état de l’introduction par la Russie de drones FPV à fibre optique capables d’atteindre une portée de 50 km (environ 31 miles), bien que ces informations n’aient pas été officiellement confirmées. Fedorov a déclaré avoir pris connaissance de l’existence de ces drones il y a quelques semaines, leur utilisation étant pour l’instant concentrée dans l’est de l’Ukraine.
Les drones à fibre optique présentent des inconvénients, notamment leur sensibilité au vent, leur poids plus important et les obstacles physiques qu’ils doivent surmonter. La bobine de câble en fibre optique elle-même est volumineuse et peut ralentir le drone. Néanmoins, leur résistance aux brouillages en fait une menace sérieuse.
Face à cette nouvelle menace, l’Ukraine adapte ses tactiques en développant des intercepteurs conçus pour détruire les drones en vol et en organisant des embuscades. Des tentatives sont également menées pour couper les câbles qui maintiennent ces drones en l’air. Fedorov anticipe une évolution vers une utilisation accrue de drones autonomes :
« Nous recherchons des contre-mesures, et cela poussera probablement le champ de bataille encore plus vers l’utilisation de drones autonomes, ce qui, selon nous, sera la prochaine phase de cette guerre. »
Mikhaïl Fedorov, premier vice-Premier ministre ukrainien et ministre de la Transformation numérique
Parallèlement, la Russie semble améliorer ses propres drones. Des informations font état de l’installation de nouvelles caméras de recul sur les drones Shahed, permettant une surveillance accrue. Business Insider rapporte également que l’Ukraine et les États-Unis ont lancé une production conjointe de drones intercepteurs, bien que les détails de ce programme restent confidentiels.
