Publié le 10 février 2020. Un médicament antiviral expérimental, le GS-441524 (remdesivir), développé par Gilead Sciences, est à l’essai en Chine pour évaluer son efficacité contre le nouveau coronavirus (2019-nCoV), en raison de son potentiel démontré contre d’autres virus similaires.
- Le GS-441524, un inhibiteur de l’ARN polymérase, a montré des résultats prometteurs in vitro et sur des modèles animaux contre Ebola, le SRAS-CoV et le MERS-CoV.
- Un essai clinique pour évaluer la sécurité et l’efficacité du médicament contre le 2019-nCoV a débuté le 6 février 2020 à l’hôpital Jinyintan de Wuhan.
- La synthèse du GS-441524 implique une procédure chimique complexe, incluant l’utilisation de composés spécifiques et des étapes de purification rigoureuses.
Face à l’émergence du nouveau coronavirus, les États-Unis ont été les premiers à tenter d’utiliser le GS-441524, un antiviral développé par le laboratoire américain Gilead Sciences, pour traiter un patient infecté. Ce médicament, dont le nom chimique est remdesivir, est un analogue nucléosidique qui agit en bloquant la réplication virale. Plus précisément, il cible l’ARN polymérase ARN-dépendante (RdRp), une enzyme essentielle à la multiplication du virus.
Les premiers tests cliniques (phases I et II) avaient déjà révélé une activité antivirale significative contre le virus Ebola, un filovirus particulièrement virulent. Les résultats de ces études ont encouragé les chercheurs à explorer le potentiel du GS-441524 contre d’autres virus. Des expériences en laboratoire et sur des animaux ont confirmé son efficacité contre le virus syncytial respiratoire (VSR), divers coronavirus, et le virus Nipah.
L’intérêt pour le GS-441524 dans le contexte de l’épidémie actuelle est lié à sa capacité à inhiber le SRAS-CoV et le MERS-CoV, deux coronavirus étroitement apparentés au 2019-nCoV. Le SRAS partage plus de 85 % d’homologie génétique avec le nouveau coronavirus, suggérant que le remdesivir pourrait avoir un effet similaire.
Le 6 février 2020, un essai clinique a été lancé à l’hôpital Jinyintan de Wuhan, en Chine, pour évaluer la sécurité, la tolérance et l’efficacité du GS-441524 chez des patients infectés par le 2019-nCoV. Cet essai, mené dans le cadre d’une procédure d’examen accéléré, vise à déterminer si le médicament peut contribuer à la lutte contre l’épidémie.
La production du GS-441524 nécessite une synthèse chimique complexe. Une étape clé implique la réaction de 3,4 g de 7-bromopyrrolo[2,1-f][1,2,4]-triazine-4-amine avec 4,5 ml de triméthylchlorosilane (TMSCl) et 70 ml de tétrahydrofurane (THF), maintenue à température ambiante pendant deux heures. Le mélange est ensuite refroidi à -78 °C et traité avec 55 ml d’une solution de n-butyllithium hexane (n-BuLi) à 1,0 M. L’ajout de 70 ml de THF contenant 5,4 g de (3R,4R,5R)-4-(benzyloxy)-5-(benzyloxyméthyl)-3-fluorodihydrofuran-2(3H)-one permet de poursuivre la synthèse. Après une période de mélange supplémentaire, l’acide acétique est ajouté pour neutraliser la réaction. Le produit final, obtenu après concentration, dilution, lavage et purification par chromatographie sur gel de silice, se présente sous la forme d’un solide blanc de 2,6 g.

