Publié le 24 octobre 2025 16:34:00. Washington a annoncé de nouvelles sanctions économiques contre les deux géants pétroliers russes, Rosneft et Loukoïl, en réponse au refus de Moscou d’envisager un cessez-le-feu en Ukraine. Ces mesures visent à affaiblir la capacité de la Russie à financer son effort de guerre, mais pourraient également entraîner une hausse des prix de l’énergie à l’échelle mondiale.
- Les sanctions visent Rosneft, qui produit près de la moitié du pétrole russe, et Loukoïl, le deuxième plus grand producteur pétrolier du pays.
- La Chine et l’Inde sont les principaux acheteurs de pétrole russe, mais l’Inde pourrait chercher des alternatives.
- L’Ukraine a intensifié ses frappes sur les infrastructures pétrolières russes, notamment grâce à des drones et des missiles de croisière.
L’administration Trump justifie ces nouvelles sanctions par la nécessité de priver le Kremlin des ressources financières indispensables à la poursuite de la guerre en Ukraine. Selon des sources au sein de l’administration, ces mesures sont conçues pour cibler directement l’économie militaire russe, tout en minimisant les perturbations pour les alliés des États-Unis.
Rosneft et Loukoïl exportent conjointement plus de trois millions de barils de pétrole brut par jour. La Chine, avec environ deux millions de barils par jour, et l’Inde, avec 1,6 million de barils par jour, sont les principaux débouchés pour ces hydrocarbures. Cependant, des informations provenant de New Delhi suggèrent que l’Inde pourrait étudier des options alternatives, consciente des risques liés aux sanctions américaines.
D’autres pays, tels que la Turquie, l’Allemagne, la Hongrie, la Slovaquie, la Corée du Sud, le Brésil et le Japon, continuent également d’importer du pétrole russe. Le cas de l’Allemagne est particulier : Rosneft détient des participations dans plusieurs raffineries clés du pays. Suite à l’invasion de l’Ukraine en février 2022, le gouvernement allemand a pris le contrôle de ces raffineries, tout en gérant la participation de Rosneft, afin de garantir l’approvisionnement énergétique. Une licence spéciale a été accordée par Londres pour permettre aux banques et aux entreprises de continuer à travailler avec les filiales allemandes de Rosneft, désormais sous contrôle de l’État.
Les résultats financiers de Rosneft et de Loukoïl ont déjà été affectés par le contexte économique actuel. Rosneft a annoncé en août une chute de 68 % de son bénéfice net au premier semestre, à 3 milliards de dollars, en raison de la baisse des prix du pétrole. Loukoïl a également subi des pertes, avec une diminution de 26,5 % de son bénéfice net en 2024, à 10,12 milliards de dollars.
L’impact immédiat de ces sanctions devrait se traduire par une augmentation des prix du pétrole, ce qui pourrait se répercuter sur le prix de l’essence pour les consommateurs. Cette situation intervient alors que la Russie est déjà confrontée à des pénuries de carburant, en partie dues aux frappes de drones ukrainiens sur ses raffineries.
Parallèlement, l’Ukraine a intensifié ses attaques contre les infrastructures énergétiques russes. Grâce à des drones et des missiles de croisière artisanaux, et avec l’aide de renseignements américains et britanniques, l’Ukraine a frappé plus de 20 des 38 principales raffineries de pétrole russes depuis janvier. Récemment, des missiles Storm Shadow britanniques ont été utilisés pour cibler une usine chimique dans la région de Briansk, située à environ 386 kilomètres au sud-ouest de Moscou, qui produit de la poudre à canon, des explosifs et du carburant pour fusées.
L’administration Trump n’exclut pas d’autres mesures de pression, notamment l’imposition de tarifs secondaires plus élevés aux pays qui continuent d’acheter du pétrole russe, en particulier la Chine et l’Inde. Une telle décision pourrait inciter l’Inde à se tourner vers les États-Unis pour ses approvisionnements en pétrole, affaiblissant ainsi davantage l’économie russe. Pour l’instant, Washington a indiqué qu’il ne prévoyait pas de fournir à l’Ukraine des missiles de croisière Tomahawk, craignant une escalade du conflit, mais la demande du président Zelensky reste à l’étude. Selon des sources proches de l’administration, Trump pourrait envisager de revoir cette position une fois que les sanctions pétrolières auront forcé la Russie à négocier une issue au conflit.
