Publié le 24 novembre 2025 à 13h14. Les États-Unis et l’Ukraine se sont efforcés lundi de réduire leurs divergences sur un plan de paix visant à mettre fin à la guerre avec la Russie, après que Washington a accepté de modifier une proposition jugée trop favorable à Moscou par Kiev et ses alliés européens.
- Les États-Unis et l’Ukraine ont élaboré un « cadre de paix affiné » après des pourparlers à Genève.
- Le président américain Donald Trump a exprimé un optimisme prudent quant à d’éventuels progrès dans les négociations.
- Les alliés européens ont présenté une contre-proposition incluant des garanties de sécurité de type OTAN pour l’Ukraine.
Les discussions à Genève, entamées dimanche, visent à trouver un terrain d’entente sur un plan de paix pour l’Ukraine, plus de 19 mois après le début de l’invasion russe. Washington avait initialement surpris Kiev et ses partenaires européens en présentant un plan en 28 points, donnant à l’Ukraine jusqu’à jeudi pour accepter un cadre de résolution du conflit.
Dans une déclaration commune, les États-Unis et l’Ukraine ont annoncé avoir travaillé sur un « cadre de paix affiné », sans toutefois divulguer de détails précis. Cette annonce intervient après une journée de pourparlers à Genève, où les divergences étaient palpables.
Le président américain Donald Trump a commenté la situation sur son réseau social Truth Social, exprimant un optimisme mesuré :
« Quelque chose de bien pourrait bien se produire. Est-il vraiment possible que de grands progrès soient réalisés dans les pourparlers de paix entre la Russie et l’Ukraine ??? Ne le croyez pas avant de le voir, mais quelque chose de positif pourrait bien se produire. »
Donald Trump, président des États-Unis
Ce ton marque un changement par rapport à ses déclarations précédentes, où il avait critiqué l’Ukraine pour son manque de « gratitude » envers les efforts américains. Ces propos avaient suscité une réaction des responsables ukrainiens, qui avaient réaffirmé leur reconnaissance pour le soutien américain.
Le plan initial américain, qui prévoyait des concessions territoriales et des limitations militaires pour l’Ukraine, avait été perçu comme trop favorable à la Russie. Il avait également soulevé des inquiétudes quant à l’abandon des ambitions ukrainiennes d’adhérer à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN).
Les alliés européens ont réagi en présentant une contre-proposition qui assouplit certaines des concessions territoriales envisagées et inclut une garantie de sécurité de type OTAN pour l’Ukraine en cas d’attaque future.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a souligné que les négociations étaient toujours en cours et a insisté sur la nécessité de trouver des compromis qui renforcent l’Ukraine sans l’affaiblir.
« Nous continuons tous à travailler avec nos partenaires, en particulier les États-Unis, pour rechercher des compromis qui nous renforceront mais ne nous affaibliront pas. »
Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine
Il a également souligné l’importance de faire payer la Russie pour la guerre et de trouver une solution concernant l’utilisation des avoirs russes gelés.
Le Kremlin a indiqué qu’aucune communication officielle n’avait été reçue de la part des États-Unis concernant le plan de paix.
Par ailleurs, le secrétaire d’État américain Marco Rubio, qui a dirigé la délégation américaine lors des discussions de dimanche, a suggéré que la date limite de jeudi pour parvenir à un accord n’était pas immuable.
Volodymyr Zelensky se trouve dans une position délicate, fragilisé par un récent scandale de corruption ayant conduit au limogeage de deux de ses ministres. Il pourrait avoir du mal à convaincre l’opinion publique ukrainienne d’accepter un accord perçu comme une concession excessive. Des sources proches du dossier évoquent une possible visite de M. Zelensky aux États-Unis cette semaine pour discuter des aspects les plus sensibles du plan avec Donald Trump.
La situation sur le terrain reste tendue. Kharkiv, la deuxième plus grande ville d’Ukraine, a été la cible d’une attaque massive de drones dimanche, faisant quatre morts, selon les autorités locales.
De l’autre côté de la frontière, les défenses aériennes russes ont abattu un drone ukrainien en direction de Moscou, entraînant des restrictions temporaires du trafic aérien dans trois aéroports de la capitale.
Les dirigeants européens, dont le Taoiseach Micheál Martin, se sont réunis lundi en marge du sommet Union européenne-Union africaine à Luanda, en Angola, pour discuter de la situation en Ukraine. Ils ont réaffirmé leur engagement à soutenir Kiev sur les plans diplomatique, militaire et économique. Pour plus d’informations sur le plan de paix américain.
Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a promis que l’Union européenne continuerait à fournir à l’Ukraine tout le soutien nécessaire, saluant un « nouvel élan » dans les négociations de paix.
« L’Union européenne est déterminée à continuer de fournir au président Zelenskiy tout le soutien dont il a besoin – un soutien diplomatique, un soutien militaire, un soutien économique. »
Antonio Costa, président du Conseil européen
La Commission européenne a proposé d’utiliser les avoirs russes gelés en Europe pour financer un « prêt de réparation » pour l’Ukraine, mais les États membres n’ont pas encore trouvé d’accord sur cette proposition. La Belgique, qui détient la majeure partie des actifs via Euroclear, a insisté sur la nécessité d’une base juridique solide et d’un partage des risques entre les pays de l’UE.
– Reportage supplémentaire de Reuters
