Publié le 4 décembre 2023 16:30:00. Des révélations issues d’une transcription d’appel téléphonique entre plusieurs dirigeants européens et ukrainiens mettent en lumière des inquiétudes quant à la fiabilité du soutien américain à l’Ukraine, notamment sur la question des concessions territoriales à la Russie. Ces préoccupations sont exacerbées par l’implication de négociateurs américains sans expérience diplomatique.
- Le président français Emmanuel Macron a exprimé le risque que les États-Unis puissent abandonner l’Ukraine sur la question territoriale sans offrir de garanties de sécurité claires.
- Des responsables européens, dont le chancelier allemand Friedrich Merz, mettent en garde contre la méfiance à accorder aux négociateurs américains, Jared Kushner et Steve Witkoff.
- Vladimir Poutine a réaffirmé sa détermination à s’emparer du Donbass, par la force si nécessaire.
Des doutes croissants entourent la fermeté de l’engagement américain envers l’Ukraine, selon une transcription d’une conversation téléphonique entre le président ukrainien Volodymyr Zelensky et plusieurs de ses alliés européens. L’hebdomadaire allemand Der Spiegel a révélé que le président français Emmanuel Macron a exprimé son inquiétude quant à la possibilité d’une trahison américaine sur la question des territoires contestés, sans que des garanties de sécurité alternatives ne soient clairement définies.
Selon la transcription, Macron aurait déclaré :
« Il est possible que les États-Unis trahissent l’Ukraine sur la question territoriale sans être clairs sur les garanties de sécurité qu’ils apporteront. »
Emmanuel Macron, président français
Cette crainte est d’autant plus vive que les concessions territoriales, notamment concernant le Donbass, constituent un point sensible majeur dans les négociations potentielles avec la Russie.
Le Donbass, comprenant les régions de Donetsk et de Louhansk, est actuellement en grande partie occupé par les forces russes, bien que le contrôle total ne soit pas encore établi. Le président russe Vladimir Poutine a récemment affirmé, dans une interview accordée à India Today, que la Russie s’emparerait du Donbass, par des moyens militaires ou autres. L’Ukraine, soutenue par ses alliés européens, refuse catégoriquement toute cession territoriale, malgré les pressions exercées par l’ancien président américain Donald Trump pour qu’elle cède ce territoire à la Russie dans le cadre d’un plan de paix initial en 28 points, élaboré par Moscou et ensuite repris par Washington.
Le chancelier allemand Friedrich Merz a également mis en garde Volodymyr Zelensky contre une confiance excessive dans les négociations en cours.
« Ils jouent à des jeux, à la fois avec vous et avec nous. »
Friedrich Merz, chancelier allemand
Il faisait potentiellement référence aux négociateurs américains Steve Witkoff, un magnat de l’immobilier, et Jared Kushner, le gendre de Donald Trump.
Le président finlandais Alexander Stubb, connu pour ses bonnes relations avec Donald Trump, a souligné la nécessité d’un soutien continu à l’Ukraine.
« Nous ne devons pas laisser l’Ukraine et Volodymyr seuls avec ces gens. »
Alexander Stubb, président finlandais
Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a exprimé un sentiment similaire, affirmant :
« Je suis d’accord avec Alexandre, nous devons protéger Volodymyr. »
Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN
Selon Der Spiegel, ces déclarations témoignent d’une profonde méfiance des Européens envers les négociateurs envoyés par Donald Trump. Ni Kushner ni Witkoff ne possèdent d’expérience diplomatique préalable, étant tous deux des entrepreneurs. Witkoff avait d’ailleurs déclaré, dans une interview accordée à Tucker Carlson, ne pas considérer Vladimir Poutine comme un adversaire.
« Je ne pense pas qu’il soit mauvais. »
Steve Witkoff, négociateur américain
L’appel téléphonique entre l’Ukraine et ses alliés a eu lieu lundi, avec la participation du Premier ministre polonais Donald Tusk, de la Première ministre italienne Giorgia Meloni, de la Première ministre danoise Mette Frederiksen, du Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre, de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et du président du Conseil européen António Costa. Plusieurs participants ont confirmé l’existence de l’appel et l’exactitude de la transcription, tout en se refusant à commenter les propos individuels, compte tenu du caractère confidentiel de la réunion.

