Publié le 2026-01-18 18:11:00. L’Organisation Mondiale de la Santé a publié fin novembre 2025 des recommandations globales inédites pour améliorer la prévention, le diagnostic et le traitement de l’infertilité, un problème de santé publique touchant près d’un couple sur six.
- L’infertilité affecte environ 15 % des couples dans le monde, avec des causes réparties entre les hommes, les femmes et des situations où la cause reste indéterminée.
- L’accès aux traitements reste un défi majeur, en raison de leur coût élevé, notamment au Brésil où un cycle de procréation assistée peut coûter entre 15 000 et 45 000 R$ (environ 2 500 à 7 500 €).
- Les nouvelles directives de l’OMS visent à rendre les soins plus accessibles, plus équitables et plus sûrs, en fournissant un cadre technique et politique pour améliorer l’accès aux services.
L’infertilité, définie comme l’incapacité à concevoir après 12 mois de rapports sexuels réguliers et non protégés, est un problème de santé de plus en plus répandu. Elle touche environ une personne sur six en âge de procréer, hommes et femmes confondus. Au Brésil, le taux d’incidence est similaire à la moyenne mondiale, affectant environ 15 % des couples.
Les causes de l’infertilité sont multiples. Les dysfonctionnements du système reproducteur masculin sont responsables de 20 à 30 % des cas, tandis que les problèmes féminins représentent 30 à 35 % des situations. Dans 20 à 35 % des cas, les deux partenaires présentent des facteurs contribuant à l’infertilité. Il est important de noter que dans 10 à 30 % des cas, la cause de l’infertilité reste inexpliquée.
« Il convient de noter qu’environ 10 à 30% du temps, la raison de l’infertilité n’est pas trouvée, la qualifiant d’infertilité sans cause apparente. »
José Pedro Parise Filho, gynécologue, spécialiste en procréation assistée à l’hôpital Einstein Israelita
Face à cette réalité, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a lancé, fin novembre 2025, des lignes directrices inédites pour la prévention, le diagnostic et le traitement de l’infertilité. Ces recommandations, regroupant 40 mesures, visent à améliorer l’accès aux soins et à garantir leur qualité à l’échelle mondiale.
Selon le docteur Parise Filho, une directive mondiale a un impact significatif car elle fournit un soutien technique et politique pour élargir l’accès aux services d’infertilité et exiger des soins de qualité.
L’un des principaux obstacles à l’accès aux traitements reste leur coût élevé. Au Brésil, un cycle de procréation assistée peut représenter une dépense importante, allant de 15 000 à 45 000 R$ (environ 2 500 à 7 500 €), en fonction de la localisation, des médicaments utilisés et du professionnel de santé consulté. Malgré une légère baisse des prix ces dernières années, ces traitements restent inaccessibles à la majorité de la population.
Pour pallier ce problème, le gynécologue suggère d’envisager l’inclusion de ces actes dans les couvertures complémentaires santé ou dans le Système Unique de Santé (SUS), afin de mutualiser les coûts. À court terme, une réduction ou une exonération des taxes sur les intrants et les médicaments importés pourrait également contribuer à réduire le prix final des traitements.
Au-delà de l’aspect financier, les nouvelles directives de l’OMS mettent l’accent sur la prévention et le diagnostic précoce. Elles préconisent des mesures simples, telles que l’éducation reproductive, l’identification de la période fertile et la promotion de la santé, mais aussi des traitements plus complexes comme l’insémination intra-utérine et la fécondation in vitro (FIV), lorsque cela est approprié et souhaité par le patient.
Les directives soulignent également l’importance de prendre en compte la souffrance émotionnelle des personnes confrontées à l’infertilité, notamment l’anxiété, la dépression et l’isolement social. En pratique clinique, cet impact psychologique est déjà bien réel.
« Le fardeau psychologique est important. De nombreux couples font état d’un sentiment d’inadéquation et de perte de contrôle sur leur propre projet de vie. »
José Pedro Parise Filho, gynécologue, spécialiste en procréation assistée à l’hôpital Einstein Israelita
C’est pourquoi les professionnels de santé adoptent de plus en plus une approche multidisciplinaire, incluant la psychothérapie et, dans certains cas, des pratiques complémentaires telles que l’acupuncture, le yoga et la méditation.
Parmi les principaux facteurs de risque d’infertilité, on compte les infections sexuellement transmissibles non traitées, les chirurgies pelviennes inutiles, le report de la grossesse, le tabagisme, l’inactivité physique et l’utilisation de stéroïdes anabolisants. Certaines causes sont d’origine génétique et présentes dès la naissance.
L’adoption de saines habitudes de vie est essentielle pour prévenir ou traiter l’infertilité. Une alimentation équilibrée et une activité physique régulière peuvent faire la différence, notamment chez les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques. Un traitement précoce de l’infertilité peut également augmenter les chances de succès.
