Home SantéJ’ai donné naissance à une petite fille en bonne santé. 6 jours plus tard, j’ai failli mourir

J’ai donné naissance à une petite fille en bonne santé. 6 jours plus tard, j’ai failli mourir

by Sophie Martin

Publié le 7 janvier 2026 à 00h15. Après une naissance difficile marquée par de graves complications, Ashley Graham partage son expérience terrifiante d’hémorragie post-partum, un danger silencieux qui a failli lui coûter la vie et qu’elle dénonce pour sensibiliser les jeunes mères.

  • Ashley Graham a subi une prééclampsie, une hypertension sévère, et une septicémie lors de son accouchement.
  • Six jours après la naissance, elle a été victime d’une hémorragie post-partum massive à son domicile.
  • Elle souligne le manque d’information et de suivi adéquat des complications post-partum et appelle à une meilleure prise en charge des jeunes mères.

L’arrivée de sa fille, le 5 août 2025, a été loin d’être le moment de bonheur espéré pour Ashley Graham. Son accouchement a été une épreuve de 35 heures, compliquée par une prééclampsie (hypertension artérielle survenant pendant la grossesse), une septicémie et s’est finalement soldé par une césarienne d’urgence. Les premiers jours après la naissance ont été marqués par une lutte pour la stabilisation de son état, avec des poches intraveineuses, une surveillance constante et une difficulté à créer un lien avec son nouveau-né. Elle pensait avoir laissé le plus dur derrière elle.

Elle avait tort. Six jours plus tard, le 8 août, après un premier rendez-vous chez le pédiatre où le médecin lui avait simplement fait remarquer qu’elle ne semblait pas en forme, Ashley Graham a failli mourir dans sa salle de bain.

Ce week-end-là, elle a été submergée par les pleurs, incapable de manger ou de dormir, rongée par l’anxiété et une faiblesse extrême. Elle ressentait un malaise profond, mais hésitait à solliciter de nouveau des soins médicaux, craignant de laisser son bébé et d’affronter un nouvel hospitalisation. Lorsqu’elle a finalement consulté la hotline des infirmières, après avoir constaté une quantité importante de sang dans les toilettes, elle a ressenti une sensation familière, celle de sa précédente fausse couche.

Puis, l’horreur. Une hémorragie massive s’est déclenchée, projetant du sang et des caillots avec une telle force qu’elle a été littéralement tirée vers le bas et éclaboussée sur les murs et les meubles de la salle de bain. Son mari, alerté par ses cris, a découvert une scène qu’il n’oubliera jamais. L’infirmière, au téléphone, lui a ordonné de se rendre immédiatement aux urgences, mais Ashley, trop faible pour bouger, a dû attendre l’arrivée d’une ambulance.

Le trajet vers l’hôpital a été flou. Les ambulanciers ont eu du mal à trouver une veine pour administrer une perfusion, son corps ayant déjà perdu trop de sang. À son arrivée aux urgences, elle était pâle et affaiblie. Une équipe médicale s’est mobilisée, travaillant simultanément sur différentes parties de son corps pour stopper l’hémorragie.

Les médecins ont diagnostiqué une hémorragie post-partum retardée, une complication rare mais dangereuse qui survient lorsque des tissus placentaires persistent dans l’utérus après l’accouchement, empêchant sa contraction et provoquant une accumulation de sang et de caillots. Elle ignorait l’existence de ce risque, qui pouvait survenir plusieurs jours, voire semaines, après la naissance.

Après avoir maîtrisé l’hémorragie, les médecins ont pratiqué une dilatation et un curetage (D&C) pour évacuer les tissus restants. Son mari a assisté à l’intervention, découvrant avec stupeur la quantité de sang et de caillots qui avaient été retirés. Il était stupéfiant de constater l’ampleur des pertes sanguines qu’elle avait subies, d’autant plus qu’elle souffrait déjà d’anémie pendant sa grossesse.

De retour chez elle, le 13 août, Ashley Graham et son mari sont repartis avec plus de questions que de réponses. Ils ont regretté le manque d’explications claires et de suivi adéquat. Comment des tissus placentaires avaient-ils pu être laissés dans l’utérus lors de la césarienne ? Pourquoi n’avait-elle pas été informée du risque d’hémorragie retardée avant de quitter l’hôpital ? Pourquoi les signes avant-coureurs n’avaient-ils pas été plus clairement expliqués ?

« Je partage mon histoire parce que le silence autour des complications de l’accouchement coûte des vies », affirme Ashley Graham. Elle est reconnaissante d’avoir survécu, consciente que le résultat aurait pu être tragique, surtout si elle avait vécu dans une zone rurale avec un accès limité aux soins médicaux. Elle appelle les femmes à se faire entendre et à défendre leurs droits, ainsi que les professionnels de santé à améliorer la prise en charge des jeunes mères.

« Défendez-vous haut et fort si quelque chose ne va pas. Ne vous inquiétez pas d’être perçue comme une patiente exigeante. Votre vie en vaut la peine », insiste-t-elle. Elle exhorte également les familles à se renseigner sur les complications post-partum et à élaborer un plan d’urgence en cas de problème.

Ashley Graham reconnaît que la guérison est un processus long et difficile. Elle a passé les premières semaines de la vie de sa fille terrifiée à l’idée d’une nouvelle hémorragie, obligée de se répéter des mantras pour apaiser son anxiété. Elle a découvert une force insoupçonnée dans l’amour maternel, qui l’a aidée à surmonter cette épreuve et à retrouver confiance en son corps, un jour à la fois.

Ashley Graham est la fondatrice de The Conscious Publicist, une communauté de relations publiques et un podcast centrés sur l’humain, et écrit sur la vie consciente, la maternité et le bien-être. Elle est épouse, mère et convaincue que nos histoires les plus vulnérables deviennent nos outils les plus puissants pour aider les autres.

Tous les points de vue exprimés dans cet article sont ceux de l’auteur.

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