Publié le 2 juin 2025 à 14h21. Une lumière gamma énigmatique émanant du centre de la Voie lactée continue de défier les astronomes, les amenant à réévaluer nos connaissances sur la matière noire et les pulsars.
- Une nouvelle étude suggère que les deux principales théories expliquant cette lumière – la matière noire et les pulsars – pourraient toutes deux être valables.
- Si la lumière est bien due à la matière noire, cela constituerait la première preuve directe de son existence, une substance mystérieuse qui représente plus de 26 % de l’univers.
- Un futur télescope à rayons gamma, le Cherenkov Telescope Array Observatory, pourrait apporter des réponses plus précises à cette énigme.
Depuis des décennies, les astronomes s’interrogent sur l’origine d’une source de rayons gamma singulière détectée au cœur de notre galaxie. Les hypothèses les plus courantes pointaient vers deux phénomènes : la collision de particules de matière noire ou l’activité d’un pulsar, une étoile à neutrons en rotation rapide. Une récente publication dans la revue Physical Review Letters vient cependant compliquer le tableau.
Selon cette étude, il n’est pas exclu que les deux explications soient simultanément justes. Une telle découverte aurait des implications considérables. Si la lumière gamma est effectivement le résultat de collisions de matière noire, cela confirmerait l’existence de cette substance insaisissable, dont on sait qu’elle constitue une part prépondérante de l’univers – plus de 26 % selon les estimations actuelles.
« La matière noire domine l’univers et maintient les galaxies ensemble. C’est un domaine de recherche crucial et nous explorons constamment de nouvelles pistes pour la détecter »,
Joseph Silk, professeur d’astronomie à Johns Hopkins et co-auteur de l’étude
Les chercheurs, dont Joseph Silk, ont élaboré une cartographie de la distribution de la matière noire dans notre galaxie. Ils postulent que, par le passé, de petits systèmes de matière noire, semblables à des galaxies naines, se sont agrégés au centre de la Voie lactée, augmentant ainsi la probabilité de collisions entre amas de matière noire. En simulant ces collisions, ils ont constaté que leur carte de matière noire correspondait aux zones où les rayons gamma sont les plus intenses, telles que cartographiées par le télescope spatial Fermi Gamma-Ray de la NASA.
Toutefois, cette correspondance ne constitue pas une preuve définitive. L’activité des pulsars reste une explication plausible. Pour trancher, les scientifiques misent désormais sur le Cherenkov Telescope Array Observatory (CTA), un projet international ambitieux qui verra la construction de 60 télescopes répartis sur deux sites : l’île de La Palma, en Espagne, et le désert d’Atacama, au Chili. Le site web du CTA fournit des informations détaillées sur ce projet.
Grâce à une résolution accrue, le CTA devrait permettre d’identifier avec plus de précision la source de la lumière gamma et de déterminer si elle correspond aux prédictions théoriques concernant la matière noire.
« Un signal clair constituerait, à mon avis, une preuve solide »,
Joseph Silk, professeur d’astronomie à Johns Hopkins
En attendant, l’équipe de Silk poursuit ses recherches en étudiant la matière noire dans d’autres galaxies proches, afin de vérifier si sa distribution correspond aux cartes de rayons gamma existantes. L’incertitude demeure, mais les scientifiques restent optimistes quant à la possibilité de percer ce mystère cosmique.
« Il est possible que nous obtenions de nouvelles données et confirmions une théorie plutôt qu’une autre. Ou peut-être que nous ne trouverons rien, auquel cas ce serait un mystère encore plus grand à résoudre »,
Joseph Silk, professeur d’astronomie à Johns Hopkins



