Publié le 15 novembre 2023 10h30. L’activiste cubaine Amélie Calzadilla, exilée en Espagne, lance un appel urgent à la communauté internationale face à l’effondrement du système de santé cubain et à la propagation de maladies infectieuses sur l’île, dénonçant un manque de transparence et une gestion inefficace de la crise par le gouvernement.
- Amélie Calzadilla demande une “intervention humanitaire urgente” à Cuba, notamment de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
- Elle accuse le régime de Miguel Díaz-Canel de dissimuler l’ampleur de l’épidémie et de mettre en danger la population.
- La situation sanitaire est aggravée par un manque criant de médicaments et de fournitures médicales, ainsi que par des pratiques abusives envers les travailleurs malades.
Depuis l’Espagne, où elle a trouvé refuge, Amélie Calzadilla a dénoncé sur les réseaux sociaux la dégradation catastrophique de la situation sanitaire à Cuba. Dans une vidéo diffusée sur son compte Facebook, elle a exhorté l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la communauté internationale à agir rapidement pour venir en aide à l’île.
« Je ne parle pas d’une intervention militaire, je vous dis que j’exige une intervention humanitaire. Cuba a besoin de médecins, même d’organisations internationales comme l’OMS, car ce problème n’est plus seulement celui de Cuba, mais celui de la sécurité des autres nations », a-t-elle déclaré.
La crise actuelle est marquée par une recrudescence de maladies transmises par les moustiques – dengue, chikungunya et virus Oropouche – qui sévissent sur l’île depuis l’été. Le ministère de la Santé publique cubain a lui-même reconnu la difficulté de contrôler cette épidémie, avec plus d’une douzaine de provinces touchées par une transmission active. Les hôpitaux sont submergés par l’afflux de patients présentant des symptômes fébriles, en particulier les enfants et les personnes âgées.
Selon Calzadilla, de nombreux Cubains renoncent à consulter un médecin, conscients du manque de ressources et de soins disponibles. Les pharmacies sont vides, obligeant les familles à se tourner vers le marché noir, où les prix des médicaments dépassent souvent le salaire annuel moyen d’un travailleur. « Les gens installent des intraveineuses à la maison et dépensent 25 000 pesos en médicaments qui devraient être gratuits. Le gouvernement te rend malade puis t’abandonne », a-t-elle dénoncé avec amertume.
L’activiste a également mis en lumière des pratiques abusives du gouvernement, notamment des menaces de réduction de salaire pour les travailleurs malades qui présentent des certificats médicaux. « Ils ne vont leur payer que 60% de leur salaire, alors que beaucoup gagnent 2 000 ou 3 000 pesos. C’est un abus. Ils punissent les gens qui tombent malades à cause d’un problème que l’État lui-même a causé en ne contrôlant pas l’épidémie », a-t-elle affirmé.
Calzadilla a qualifié cette mesure de « chantage inhumain », accusant le gouvernement d’utiliser la maladie comme un instrument de contrôle social. « Ils laissent les gens tomber malades parce que cela les maintient faibles et à la maison », a-t-elle expliqué, ajoutant que « cette maladie est une manière de soumettre les gens. Ils connaissent les protocoles et ne les respectent pas. Avec le degré de mécontentement qui existe, ils préfèrent que les gens soient malades plutôt que de protester. »
L’activiste a lancé un appel pressant aux organisations internationales, telles que l’OMS, la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge, pour qu’elles interviennent sans délai. Elle souligne que l’ampleur de l’épidémie représente une menace non seulement pour Cuba, mais aussi pour l’ensemble de la région des Caraïbes, citant l’exemple d’Haïti où des brigades internationales avaient été dépêchées pour lutter contre le choléra.
Calzadilla a sévèrement critiqué le manque de transparence du régime cubain et son refus de solliciter une aide extérieure, estimant que « reconnaître que le pays n’a pas le contrôle de la situation serait admettre son échec. Mais l’heure n’est plus à l’orgueil politique : Cuba a besoin d’une aide urgente. »
Dans son message, elle a décrit le régime comme une « dictature fermée comme une huître » qui a transformé le pays en « un territoire où tomber malade est une sentence ». « Nous sommes gouvernés par une dictature qui met constamment en danger la vie de ses citoyens. Non seulement à cause de la faim ou de la misère, mais maintenant aussi à cause de la maladie. Et le pire, c’est qu’ils le savent », a-t-elle conclu avec indignation.
Cet appel fait écho aux nombreuses plaintes exprimées par les médecins et les citoyens cubains concernant l’effondrement du système de santé, le manque de médicaments, la prolifération des vecteurs de maladies et l’absence de réponse institutionnelle adéquate. Alors que le régime persiste à imputer la responsabilité de la situation à l’embargo américain, des voix comme celle d’Amélie Calzadilla mettent en évidence une crise profonde et interne : un système de santé détruit, un gouvernement incapable et un peuple malade et abandonné.
