Publié le 8 décembre 2025 à 16h03. Un médecin cubain exerçant en Espagne alerte sur le risque d’une « tempête immunologique » à Cuba, en raison de la recrudescence des cas de chikungunya et de la coexistence de plusieurs infections virales.
- Le Dr Lázaro Elieser Leyva García met en garde contre une réaction excessive du système immunitaire face à la multiplication des infections virales.
- Il souligne la nécessité de la prévention, de la lutte antivectorielle et d’une surveillance épidémiologique renforcée.
- Le médecin critique le manque de transparence des autorités cubaines concernant l’ampleur réelle de l’épidémie et appelle à une aide sanitaire internationale.
Un spécialiste cubain de médecine interne, le Dr Lázaro Elieser Leyva García, basé en Espagne, tire la sonnette d’alarme face à la situation épidémiologique à Cuba. Dans une publication sur Facebook, où il signe sous le pseudonyme de Lázaro E. Libre, il met en garde contre le risque de « tempête immunologique », une complication potentiellement mortelle.
Selon le Dr Leyva García, la situation actuelle est particulièrement préoccupante en raison de la circulation simultanée du chikungunya, de la dengue, du Zika et d’autres infections virales fébriles. Lorsqu’un individu est confronté à plusieurs infections virales, le système immunitaire peut réagir de manière disproportionnée, libérant une quantité excessive de cytokines inflammatoires. Ce phénomène, connu sous le nom de « tempête de cytokines » ou « tempête immunitaire », peut entraîner une inflammation incontrôlée, des lésions organiques et, dans les cas les plus graves, le décès.
Le chikungunya, un virus à ARN capable de muter et de s’adapter, est au cœur de ses préoccupations. Le médecin rappelle l’épidémie massive qui a frappé l’île de La Réunion dans l’océan Indien il y a quelques années, causée par une mutation spécifique du virus (E1-A226V). Il insiste sur le fait que l’immunité naturelle ne suffit pas, car les virus à ARN évoluent rapidement et peuvent échapper aux défenses immunitaires.
« La prévention n’est pas la peur : c’est la compréhension. Et comprendre, c’est prendre soin », a écrit le professionnel de la santé, appelant les autorités cubaines à adopter une vision à long terme et à ne pas se contenter de mesures réactives.
Son avertissement intervient dans un contexte de pénurie d’insecticides, de détérioration du système de santé publique cubain et de rapports officiels jugés minimisants quant à l’ampleur réelle des infections. Le Dr Leyva García a déjà témoigné de la gravité des cas de chikungunya, illustrant ses propos avec le témoignage d’une patiente souffrant de symptômes sévères depuis plus d’une semaine, et a même appelé à une aide sanitaire internationale, estimant que le système de santé cubain actuel est incapable de faire face à une crise épidémiologique de grande ampleur.
Le Dr Leyva García a également démystifié la prétendue puissance médicale cubaine, dénonçant les carences structurelles du système de santé, l’exode des professionnels de la santé et la précarité des soins primaires.
Des experts internationaux confirment que les tempêtes immunologiques sont des phénomènes cliniques documentés, observés dans des cas graves d’infections telles que la COVID-19 ou la dengue, ce qui conforte la pertinence de l’avertissement du Dr Leyva García. Il conclut qu’informer et anticiper sont des étapes cruciales pour protéger la santé de la population cubaine face à un scénario qui pourrait rapidement devenir plus complexe si aucune mesure n’est prise.
