Publié le 18 janvier 2026 09h37. Contre toute attente, E.Leclerc s’impose comme le leader du commerce en ligne de produits alimentaires en France, dépassant largement les géants du secteur comme Uber Eats, Deliveroo et Amazon. Le secret de ce succès repose sur le développement massif de son réseau de “drive”, un système hybride combinant achats en ligne et retrait en magasin.
- En 2025, les drives Leclerc ont réalisé un chiffre d’affaires de 6,2 milliards d’euros, représentant près de 12 % des ventes totales de l’enseigne.
- Le groupe coopératif détient 45 % de part de marché sur ce segment, soit trois fois plus que Carrefour et Intermarché réunis.
- E.Leclerc a su anticiper et industrialiser le concept de “drive” dès 2007, en s’inspirant d’une initiative de la famille Mulliez et en développant ses propres outils informatiques.
L’ascension d’E.Leclerc dans le commerce en ligne alimentaire est une véritable surprise. Alors que les grandes surfaces intégrées semblaient les mieux placées pour dominer ce marché, c’est la coopérative d’indépendants qui a su tirer son épingle du jeu, et même concurrencer Amazon. « Là où les grands groupes intégrés auraient dû être les premiers, nous, les hommes de terrain, avons réussi à rivaliser avec Amazon », affirme Michel-Edouard Leclerc, porte-voix de l’enseigne. Selon Frank Rosenthal, consultant indépendant, « A part Decathlon dans le sport, il n’y a aucune enseigne qui domine autant un marché ».
L’histoire commence en 2007, lorsque Pascal Payraudeau, un propriétaire de supermarché E.Leclerc à Toulouse, s’inspire du concept de Chronodrive, une filiale de la famille Mulliez. Si Auchan n’a pas pleinement exploité ce format, les adhérents Leclerc ont rapidement compris son potentiel en tant qu’extension de l’hypermarché.
En développant son propre système informatique, E.Leclerc a rapidement industrialisé le concept. La promesse est simple : offrir en ligne les mêmes prix compétitifs qu’en magasin. « Sur le web, le consommateur voit davantage la différence avec les concurrents, explique Arnaud Loquet, fondateur du cabinet de conseil ALCSR. Un même panier coûtera entre 4 et 10 euros de moins chez Leclerc comparé à Carrefour. »
Un changement réglementaire en 2008 a également favorisé le développement des drives Leclerc. La suppression des autorisations administratives pour la construction de locaux commerciaux de moins de 1 000 mètres carrés (environ 10 764 pieds carrés) a permis aux adhérents d’installer des points de retrait sur les parkings de leurs hypermarchés, puis à proximité, et même sur ceux de leurs concurrents, afin de gagner des parts de marché.
Ce modèle de “drive” a permis à E.Leclerc de se positionner comme un acteur incontournable du commerce en ligne alimentaire, et de redéfinir les règles du jeu dans un secteur en pleine mutation.
