Publié le 29 septembre 2025 à 15h18. La croissance économique du Pérou a ralenti au deuxième trimestre, avec des disparités régionales marquées. Si l’est du pays maintient un dynamisme certain, certaines régions du nord et du centre accusent le pas, tandis que l’essor de l’extraction minière à Apurímac contraste avec les difficultés rencontrées dans d’autres secteurs.
- La croissance économique du Pérou est passée de 3,9 % au premier trimestre à 2,8 % au deuxième.
- La région orientale a enregistré la plus forte croissance au deuxième trimestre (4,8 %), tirée par l’extraction pétrolière et la production agricole.
- La production minière à Apurímac a connu une augmentation de plus de 50 % au premier semestre, faisant de cette région la quatrième plus importante du pays en matière d’extraction minière.
Le ralentissement de la croissance économique péruvienne au deuxième trimestre s’est traduit par une progression de 2,8 %, contre 3,9 % lors des trois premiers mois de l’année. Cette décélération est particulièrement visible à Lima, ainsi que dans les régions du nord et du centre du pays. À l’inverse, l’est du Pérou continue de faire preuve de dynamisme.
La région orientale a été le moteur de la croissance au deuxième trimestre, affichant une progression de 4,8 %. Cette performance est notamment due à l’augmentation de l’extraction de pétrole dans la région de Loreto, à la production agricole – notamment le cacao dans la région d’Ucayali et le café dans celle de San Martín – et à la vitalité du secteur des services. Cette zone, ainsi que le sud du pays (2,6 %), sont les seules à avoir connu une croissance plus rapide qu’au premier trimestre.
Dans le sud, la région d’Apurímac se distingue particulièrement, avec une croissance de 27,3 %, soit la plus forte du pays pour le troisième trimestre consécutif. Cette progression est portée par les opérations menées dans la nouvelle mine de Chalcobamba, Tagus, et par l’expansion de son site de Ferrobamba Tagus.
Le nord du pays a vu sa croissance ralentir à 2 % au deuxième trimestre, en raison de l’arrêt de la production minière à Pataz (La Libertad), qui a freiné la production d’or à Yanacocha (Cajamarca). Le début tardif de la saison de pêche à l’anchois dans la région du nord a également eu un impact négatif.
Le centre du pays (1,5 %) a été affecté par des arrêts de production temporaires à Antamina (Áncash) et Shougang (ICA).
Le secteur agricole présente des résultats contrastés. Au deuxième trimestre, la production destinée au marché intérieur a diminué de 4,1 %, en raison de la baisse des cultures de riz (Lambayeque), de pommes de terre (Puno et Cusco) et de maïs amylacée (Apurímac et Cusco). En revanche, l’agro-exportation a continué de croître à deux chiffres (20,8 %), profitant notamment aux régions de La Libertad, Lambayeque, Tacna et Arequipa. Une légère reprise des produits de consommation interne (6,6 %) et une croissance plus forte de l’agro-exportation (23,9 %) sont attendues pour le mois de juillet.
Concernant l’exploitation minière, les perspectives pour le second semestre sont mitigées, en particulier dans le sud du pays. La production minière à Apurímac a augmenté de plus de 50 % au premier semestre et a maintenu ce rythme en juillet, ce qui a permis à la région de devenir la quatrième plus grande région minière du pays au cours des douze derniers mois. Un niveau de production jamais atteint depuis huit ans est attendu à la fin de l’année, avec l’ajout de la production d’or issue du démarrage des opérations à San Gabriel, à Moquegua. En revanche, la production à Cusco pourrait être réduite en raison des récents arrêts de production liés à des conflits sociaux.
Le dynamisme du secteur de la construction devrait être modéré dans la plupart des régions en raison de la baisse des dépenses publiques. Les régions du nord et du centre, qui ont bénéficié d’une augmentation des investissements publics au deuxième trimestre (16,9 % et 7,9 % respectivement), devraient connaître des baisses de 11,9 % et 7,2 % entre juillet et août. Dans le nord, le secteur serait affecté par la restriction des ressources allouées à l’Autorité Nationale des Infrastructures (ANIN), qui alloue la moitié de son budget à ces régions.
La consommation, quant à elle, devrait rester soutenue grâce à une amélioration généralisée de l’emploi de qualité. À Lima, l’emploi formel a progressé à un rythme à deux chiffres (13 %) entre mai et juillet, pour le neuvième mois consécutif. Dans les autres régions, l’emploi formel a augmenté de 6,4 % au cours des sept premiers mois de l’année, grâce à l’embauche accrue dans le secteur agro-export.
Bien que la plupart des régions (18 sur 24) aient affiché une croissance positive au cours du premier semestre, les perspectives pour le second semestre sont mitigées. Seules sept régions ont retrouvé leurs niveaux de pauvreté antérieurs à la pandémie, ce qui souligne la nécessité pour les autorités et les futurs candidats de créer un environnement plus favorable à l’investissement privé, qui s’avère être le principal moteur de la réduction de la pauvreté.
