Publié le 28 novembre 2025 à 13h02. Pékin a mis en garde Tokyo contre toute ingérence militaire concernant Taïwan, menaçant le Japon de « conséquences douloureuses » si le pays franchissait une ligne rouge dans le différend territorial.
- La Chine a averti le Japon qu’il paierait un « prix douloureux » s’il intervenait militairement dans la question de Taïwan.
- Cet avertissement fait suite à l’annonce du Japon concernant le déploiement de missiles à proximité des côtes taïwanaises.
- Le président taïwanais a annoncé un investissement supplémentaire de 40 milliards de dollars dans la défense, suscitant la critique de Pékin.
Les tensions diplomatiques entre la Chine et le Japon s’intensifient, atteignant un point critique ces dernières années. Le différend porte sur le statut de Taïwan, que Pékin considère comme une province renégate, tandis que Taipei maintient son autonomie et son gouvernement démocratique. Le Japon, de son côté, a exprimé son inquiétude face à la montée en puissance militaire de la Chine et à ses ambitions régionales.
Le ministère chinois de la Défense a déclaré que la question de Taïwan relevait exclusivement de Pékin et n’était pas de la compétence du Japon, rappelant l’histoire coloniale de Taïwan par le Japon entre 1895 et 1945. Le porte-parole du ministère, Jiang Bin, a critiqué le Japon pour son attitude, affirmant lors d’une conférence de presse :
« Non seulement le Japon n’a pas réfléchi en profondeur aux crimes de son agression et de son lourd colonialisme à l’égard de Taiwan, mais au contraire, au mépris de l’opinion mondiale, il s’est laissé bercer par des fantasmes d’intervention militaire dans le détroit de Taiwan. »
Jiang Bin, porte-parole du ministère chinois de la Défense
L’escalade actuelle a été déclenchée par l’annonce du Premier ministre japonais Sanae Takaichi, qui a suggéré que le Japon pourrait intervenir militairement si une attaque chinoise contre Taïwan menaçait directement sa propre survie. Le ministre japonais de la Défense, Shinjiro Koizumi, a confirmé le 23 novembre le déploiement prévu d’une unité de missiles sol-air à moyenne portée sur l’île de Yonaguni, située à environ 110 km de la côte est de Taïwan.
La Chine a réaffirmé sa capacité militaire à défendre ses intérêts. Jiang Bin a déclaré :
« L’Armée populaire de libération (APL) dispose de solides capacités et de moyens fiables pour vaincre l’ennemi envahisseur. »
Jiang Bin, porte-parole du ministère chinois de la Défense
Il a ajouté que le Japon subirait des « conséquences douloureuses » s’il dépassait les limites fixées par Pékin concernant Taïwan.
Le président taïwanais Lai Ching-te a annoncé son intention d’investir 40 milliards de dollars supplémentaires dans la défense au cours des huit prochaines années, une décision vivement critiquée par Pékin, qui la qualifie de gaspillage. Le Conseil des affaires continentales de Taiwan a répondu que le budget de défense chinois était bien plus important que celui de Taiwan.
Les États-Unis ont également joué un rôle dans cette affaire. Selon des informations rapportées par le Wall Street Journal, l’ancien président américain Donald Trump a conseillé au Premier ministre japonais Sanae Takaichi de ne pas provoquer la Chine concernant Taïwan. Wall Street Journal Bien que la suggestion de Trump ait été qualifiée de « subtile », elle souligne l’importance stratégique de la région et les préoccupations des États-Unis concernant une escalade potentielle.
