Publié le 23 octobre 2025 à 13h21. L’Irlande a dépensé plus de 2,5 millions d’euros cette année pour expulser des ressortissants étrangers, soulevant des questions sur le coût élevé de ces opérations et l’efficacité des alternatives.
- Depuis 2021, l’État irlandais a engagé plus de 5,1 millions d’euros pour l’expulsion de 617 personnes.
- Seule cette année, 2,52 millions d’euros ont été dépensés pour l’expulsion de 318 individus entre le 1er janvier et le 17 octobre.
- Un vol aller-retour vers le Pakistan a coûté à lui seul 473 000 €.
Les chiffres, révélés suite à une question parlementaire posée par le député Eoin Hayes (Social Democrats), mettent en lumière les dépenses considérables liées aux expulsions, réalisées par vols commerciaux et charters. Le ministre d’État au ministère de la Justice, Colm Brophy, a justifié ces coûts par la complexité logistique et les exigences de sécurité.
Selon les données fournies, 140 personnes ont été expulsées via des vols commerciaux, tandis que 130 ont été renvoyées dans leur pays d’origine grâce à des vols affrétés. Vingt-cinq autres expulsions ont été réalisées sur des vols commerciaux et 23 sur des vols charters pour des motifs divers, incluant les procédures de transfert Dublin III (qui permet de renvoyer les demandeurs d’asile vers le premier pays d’entrée dans l’Union européenne), les interdictions de territoire liées à des activités criminelles, et les expulsions de citoyens européens.
L’analyse des coûts des vols charters révèle des disparités importantes. Un vol aller-retour vers le Pakistan, effectué en septembre, a représenté une dépense de 473 000 €. D’autres vols, vers la Géorgie (102 476 € en février et 103 751 € en mai), le Nigeria (324 714 € en juin) et la Roumanie (69 475 € pour un aller simple, le coût total étant encore en cours de calcul) ont également grevé le budget de l’État.
Le ministre Brophy a expliqué que les coûts élevés sont liés aux services d’assistance au sol, à la présence d’ambulanciers paramédicaux à bord des vols, et à la gestion globale des opérations. Il a également souligné que les coûts des vols commerciaux incluent non seulement les billets, mais aussi les frais de retour des accompagnateurs chargés de superviser les expulsions, notamment lorsque des vols directs ne sont pas disponibles.
« Un certain nombre de facteurs ont un impact sur les coûts associés aux opérations d’expulsion. En particulier, les coûts d’une expulsion particulière reflètent le nombre de voyageurs dans chaque cas, le pays de destination et, si des vols directs ne sont pas disponibles, les escortes et les expulsés transitent par un aéroport central. »
Colm Brophy, ministre d’État au ministère de la Justice
Le ministre a également insisté sur la nécessité d’exécuter les ordonnances d’expulsion pour maintenir la confiance du public dans le système d’immigration. Il a toutefois souligné que le retour volontaire reste l’option privilégiée, et que des ressources supplémentaires ont été allouées au programme de retour volontaire pour encourager les personnes à quitter le territoire avant l’émission d’une ordonnance d’expulsion.
« Les expulsions sont coûteuses et complexes à mettre en œuvre. Le retour volontaire des personnes est l’option privilégiée, et mon ministère dispose d’un programme de retour volontaire pour aider les personnes à revenir avant l’émission d’un ordre d’expulsion. »
Colm Brophy, ministre d’État au ministère de la Justice
En 2024, 2 403 ordonnances d’expulsion ont été signées, soit une augmentation de 180 % par rapport aux 857 ordonnances signées en 2023. Au total, 3 583 ordonnances d’expulsion ont été signées jusqu’au 17 octobre 2025. Le ministère peut également récupérer une partie des coûts des vols commerciaux grâce au Fonds d’asile, de migration et d’intégration de l’Union européenne, et prévoit d’étendre cette récupération aux frais d’affrètement.
Le ministre Brophy a également rappelé que pendant la pandémie de COVID-19, un moratoire sur les expulsions avait été mis en place, ne permettant l’expulsion que des personnes dont la présence en Irlande était considérée comme contraire à l’intérêt public. Les restrictions liées à la pandémie ont également entraîné une augmentation des coûts de voyage.
