Publié le 13 novembre 2023 14:35:00. Une vidéo promotionnelle mettant en scène la ministre Fatim-Zahra Ammor dans un hôtel de luxe à Rabat suscite des interrogations sur la séparation des rôles entre action gouvernementale et intérêts privés, ravivant le débat sur la communication publique et l’influence des réseaux sociaux.
- La ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie Sociale et Solidaire apparaît dans une vidéo vantant les mérites de l’hôtel Story Le Carrousel, un établissement cinq étoiles appartenant au groupe émirati Imkan.
- Cette apparition est perçue par certains comme une publicité pour une entreprise privée, brouillant les frontières entre l’intérêt général et l’intérêt privé.
- L’incident relance la discussion sur la stratégie de communication de la ministre, déjà critiquée pour avoir privilégié les influenceurs aux journalistes lors du lancement du programme Forsa.
La vidéo, tournée sur la corniche de Rabat, montre la ministre Fatim-Zahra Ammor, micro-cravate et sourire assuré, aux côtés du directeur de l’hôtel Story Le Carrousel. Cet établissement flambant neuf, un hôtel cinq étoiles, est la propriété d’Imkan, une filiale du groupe Abu Dhabi Capital Group. L’objectif affiché est de valoriser un projet touristique destiné à accroître la capacité d’accueil de la capitale.
Cependant, cette initiative a rapidement été interprétée comme une promotion directe d’un établissement privé par une membre du gouvernement. L’image renvoyée est celle d’un mélange entre action gouvernementale et stratégie marketing d’entreprise, une situation qui pourrait fragiliser la neutralité de la parole publique, même en l’absence de toute intention malveillante.
Cet épisode n’est pas isolé. Dès le début de son mandat, la ministre avait déjà fait parler d’elle en remplaçant les journalistes par des influenceurs lors de la cérémonie de lancement du programme Forsa. Cette décision, une première dans l’histoire politique du pays, avait été vivement critiquée par les professionnels de l’information, qui y voyaient une dérive et une primauté accordée à la communication au détriment de l’information.
En multipliant les séquences soigneusement orchestrées pour les réseaux sociaux, Fatim-Zahra Ammor semble vouloir moderniser la communication publique. Mais la ligne est mince entre modernisation et emprunt de codes qui peuvent conduire à une banalisation du discours ministériel. La question de la perception de l’indépendance et de la neutralité de l’action gouvernementale reste au cœur des préoccupations.
