Le président Donald Trump a affirmé lundi 27 juillet 2026 que les discussions avec Téhéran avaient de bonnes chances
d’aboutir, alors qu’une délégation iranienne menée par Mohammad Bagher Ghalibaf est arrivée au Pakistan pour négocier avec des envoyés américains dans le but de transformer une trêve de deux semaines en accord de paix.
L’optimisme affiché par Washington contraste avec la prudence, voire le déni, exprimé par Téhéran. À bord de l’Air Force One, Donald Trump a assuré que les Iraniens parlent actuellement de conclure un accord. Pourtant, Esmaïl Baghaï, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a affirmé plus tôt que son pays n’était engagé dans aucune négociation avec les États-Unis.
La mission de J.D. Vance et la délégation de Mohammad Bagher Ghalibaf au Pakistan
Malgré les démentis officiels, les mouvements diplomatiques s’accélèrent. Le vice-président américain J.D. Vance est en route pour le Pakistan pour lancer une session de négociations. De son côté, la télévision d’État iranienne a confirmé l’arrivée à Islamabad d’une délégation dirigée par Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement, accompagné du ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.
Cette recomposition du pouvoir à Téhéran fait suite à des frappes américaines et israéliennes ayant décimé l’ancienne direction. Le pouvoir s’est désormais structuré autour du nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, et de figures comme Ghalibaf, Ahmad Vahidi (chef des Gardiens de la révolution), Ali Madanizadeh (ministre des Finances) et Mohammad Bagher Zolghadr (secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale), selon des informations de Lesechos.
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a confirmé que des dirigeants des deux pays se réuniraient à Islamabad pour instaurer la paix. Cependant, la tenue effective du processus reste incertaine. Téhéran a posé des conditions préalables strictes : le déblocage des actifs financiers du pays et l’obtention d’une trêve au Liban.
Le verrouillage du détroit d’Ormuz et le blocus naval
Le point de friction majeur demeure le contrôle du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial. L’Iran a verrouillé la voie et exige un paiement pour le passage des navires. La marine des Gardiens de la révolution a ainsi empêché six navires d’emprunter le détroit lundi, car ils utilisaient des routes non autorisées.
En réponse, les États-Unis ont rétabli à la mi-juillet un blocus naval des ports iraniens. Le commandement des forces armées iraniennes Khatam al-Anbiya a dénoncé des menaces américaines contre plusieurs navires dans la zone, qualifiant cet acte d’extension de la guerre.
Donald Trump a d’ailleurs maintenu une pression maximale, menaçant de reprendre les bombardements en cas d’échec des discussions. Il a toutefois balayé les inquiétudes concernant une possible pénurie de munitions américaines, un point soulevé récemment par le New York Times.
Instabilité régionale : drones en Arabie saoudite et tensions au Liban
Si les hostilités directes entre Washington et Téhéran sont en pause depuis samedi, le conflit se fragmente dans la région. L’Arabie saoudite a intercepté lundi une attaque de drones lancée depuis l’Irak, imputée par Riyad à des milices terroristes soutenues par l’Iran.

Au Yémen, les houthis pro-iraniens ont frappé plusieurs cibles liées au transport de pétrole brut saoudien vers Yanbu. Ces rebelles avaient annoncé le 20 juillet leur intention de bloquer le trafic maritime en mer Rouge et dans le golfe d’Aden pour les navires saoudiens.
Le front libanais reste tout aussi critique. Israël refuse d’inclure le Liban dans la trêve et poursuit ses bombardements, provoquant des ripostes du Hezbollah. Des discussions directes entre Israël et le Liban sont toutefois prévues le mardi suivant à Washington.
Réaction des marchés financiers et indices boursiers
L’espoir d’un dénouement diplomatique a provoqué une détente sur les marchés. Le baril de Brent est redescendu autour de 90 dollars lundi, enregistrant une chute de plus de 11 %. À Wall Street, l’indice S&P 500 a progressé de 5 % depuis le début du mois, tandis que le STOXX 600 et le CAC 40 ont tous deux gagné 6 %.
L’expert Bourse Corentin Chappron, cité par Lesechos, nuance cet optimisme. Il souligne que les négociations restent fragiles et que rien ne garantit la reprise du trafic dans le détroit d’Ormuz à court terme. Malgré cela, l’Organisation du commerce maritime mondiale a estimé qu’il faudrait deux semaines pour évacuer les tankers immobilisés près d’Ormuz.
L’issue des pourparlers à Islamabad déterminera si ce calme précaire peut se transformer en un accord de paix durable ou si la région retombera dans un cycle de frappes aériennes et de blocus maritimes.
