La série documentaire de Hulu, The Twisted Tale of Amanda Knox, ne s’est pas limitée à retracer le parcours judiciaire tumultueux de l’Américaine accusée de meurtre en Italie. Elle a choisi de s’intéresser à la vie d’Amanda Knox après sa libération, et à la quête de vérité qui l’a menée à renouer avec son ancien procureur.
K.J. Steinberg, la créatrice de la série, a consacré trois ans et demi à l’étude de l’affaire Amanda Knox. Elle a délibérément choisi de ne pas conclure l’histoire après l’annulation de la condamnation de Knox, comme l’auraient fait la plupart des productions du genre. Au lieu de cela, la série a suivi le retour de Knox aux États-Unis et son désir de comprendre les motivations de Giuliano Mignini, le procureur qui avait contribué à la condamner.
« Il était essentiel de suivre Amanda chez elle », explique Steinberg. « Elle a essayé de reprendre une vie qui ne lui ressemblait plus, et elle a dû se reconstruire. » La série s’ouvre et se termine sur la tentative de Knox de dialoguer avec Mignini, une relation improbable qui a marqué les deux protagonistes.
Amanda Knox a coécrit l’épisode final, intitulé « Libertá », avec Steinberg. « J’ai rapidement réalisé que la relation la plus fascinante était celle entre Amanda et son ancien procureur », confie Steinberg. « Elle voulait corriger les mensonges et les déformations de la vérité qui continuaient de la poursuivre. »
La décision de prolonger la série au-delà de son sixième épisode a suscité quelques interrogations en interne, notamment de la part de Hulu et de 20th Television. Mais les producteurs ont finalement été convaincus par la force du récit proposé. « J’avais préparé une présentation très détaillée, en jouant même les scènes dramatiques », se souvient Steinberg.
L’un des aspects les plus marquants de la série est la collaboration étroite entre Steinberg et Amanda Knox. Steinberg a souhaité donner à Knox le contrôle de sa propre histoire, en lui permettant de raconter les événements de son point de vue. « Je voulais lui dire non seulement ‘Fais-moi confiance’, mais aussi ‘Je te fais confiance’ », explique Steinberg.
Lorsqu’elles ont travaillé ensemble sur le scénario du final, Steinberg a découvert une nouvelle facette de Knox. « J’ai appris qu’elle était incroyablement flexible et ouverte à montrer les aspects d’elle-même qui avaient été critiqués », dit-elle. « Elle a compris l’importance de ne pas les effacer. »
La série aborde également le sort de Raffaele Sollecito, l’ex-petit ami de Knox, et de Meredith Kercher, la jeune étudiante britannique assassinée à Perugia. Steinberg estime qu’il était important de donner une voix à ces personnages souvent oubliés. « La vie de Meredith a été éclipsée par une affaire médiatique », déplore-t-elle. « Il était essentiel de se souvenir qu’au cœur de cette histoire se trouvait une jeune femme pleine de potentiel. »
Le dernier plan de la série montre un homme entrant dans un confessionnal, mais le visage de celui qui l’attend reste caché. Steinberg explique que cette image est destinée à interroger le spectateur sur ses propres préjugés et sur la manière dont il a perçu l’affaire Knox. « Il s’agit de nous regarder nous-mêmes et de remettre en question nos propres fausses certitudes », dit-elle.
Amanda Knox, quant à elle, est très active sur les réseaux sociaux et n’hésite pas à commenter les réactions à la série. « Elle est fière et engagée », souligne Steinberg. « Elle utilise sa voix pour défendre ses convictions, malgré les critiques. »
